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Le ministre Charette révoque le permis d’une entreprise mohawk

Benoit Charette, ministre de l'Environnement

Le ministre de l’Environnement Benoit Charette.

Le ministre Charette révoque le permis de l’entreprise mohawk G & R Recyclage qui opère à Kanesatake. Celle-ci n’a donc plus l’autorisation d’agir sur ce terrain situé à côté d’Oka. Une décision prise «dans un souci de protection de l’environnement», dit le ministère. 

Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. Benoit Charette, a interdit mardi aux propriétaires de poursuivre leurs activités. Plus aucun matériau ne pourra désormais être acheminé sur le site. 

Le Maire de la Municipalité d’Oka, M. Pascal Quevillon, et le Maire de la Municipalité de Saint-Placide, M. Richard Labonté, ont évoqué début 2020 des dommages écologiques, une odeur pestilentielle et une montagne de débris sur le site. 

Le ministère avait octroyé cette autorisation le 22 juin 2015. Mais en août dernier, il avait transmis un préavis de révocation, à la suite duquel il assure avoir reçu «des observations» de la part de l’entreprise. Le ministère affirme en avoir fait l’analyse, sans pour autant changer d’avis. 

Une enquête (la deuxième) est actuellement en cours en vue de nouvelles poursuites pénales. La première avait notamment valu à l’entreprise une amende de 15 383$, qui visait à couvrir les frais de poursuite. 

Un conflit qui dure

Il faut préciser que ce n’est pas la première fois que le ministère intervient auprès de cette entreprise détenue par les frères Gabriel (Robert et Gary), deux ex-Warriors, un groupe militant dans les années 1990 pour les droits territoriaux des Mohawks. 

Ces dernières années, le ministère n’a eu de cesse de s’assurer que l’entreprise exploite son site en conformité avec la Loi sur la qualité de l’environnement et avec l’autorisation qu’elle lui a délivrée. Sans succès. 

Dès 2018, La Presse révélait les nombreuses plaintes des locaux qui déploraient le saccage environnemental d’un site bourré de camions, devenu poubelle à ciel ouvert. Pourtant, l’entreprise est censée trier et recycler. 

Après plusieurs inspections sur le terrain, le gouvernement avait émis des avis de non-conformité pour les manquements constatés. L’entreprise avait aussi reçu plusieurs sanctions financières.  

Une première ordonnance, en décembre 2019, lui avait demandé de cesser les rejets d’eau de lixiviation dans l’environnement. Urgence-Environnement avait même enquêté sur des rejets d’eaux noires contaminées dans le lac des Deux Montagnes

Une seconde, en mars 2020, avait exigé la conformité de l’entreprise. Tant à la Loi sur la qualité de l’environnement qu’à l’autorisation délivrée en 2015. 

Faire appel à la police?

L’un des frères Gabriel a affirmé le mois dernier, en entrevue au Devoir, que si le ministre révoquait le permis de son entreprise de Kanesatake – comme c’est le cas aujourd’hui – il ne serait pas «tenu de fermer.» 

«Je ne suis pas en sol québécois, mais en territoire mohawk et j’ai un permis du conseil mohawk de Kanesatake», a-t-il déclaré au journal. 

On peut donc se demander ce que ferait le ministre Charette si rien ne bougeait, malgré sa décision de révoquer le permis de cette entreprise. Irait-il jusqu’à faire appel à la police pour la déloger? 

Interrogé sur cette question par Métro, le ministère a indiqué ne pas vouloir commenter une situation hypothétique. Toutefois, il n’exclut aucun recours pour assurer le respect de la Loi sur la qualité de l’environnement.

«Le Ministère poursuivra aussi sa collaboration avec le Secrétariat aux affaires autochtones ainsi qu’avec les représentants du gouvernement fédéral», a-t-il conclu.

L’entreprise G & R Recyclage n’a quant à elle pas rappelé Métro.

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