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De l’aide pour Montréal dans le «mini-budget» provincial

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

La lumière serait en train de poindre au bout du tunnel pour la métropole, qui encaisse difficilement les effets de la pandémie depuis mars. Le «mini-budget» du gouvernement provincial prévoit des investissements qui pourraient bien donner de l’air à Montréal.

Le gouvernement de François Legault présentait jeudi sa mise à jour économique et financière. Si le document inclut en majorité des sommes déjà promises, il dévoile également quelques enveloppes bonies.

Le gouvernement Legault débloque en premier lieu des sommes de 50 M$ sur deux ans pour «revitaliser les centres-villes». Ces sommes, dont les détails restent tus pour le moment, ont en ligne de mire «les commerçants et les hôteliers», souligne-t-on dans le document de 250 pages.

Déserté, le centre-ville métropolitain crie à l’aide depuis cet été.

Le principal maître d’oeuvre de cette mise à jour, le ministre des Finances Eric Girard, travaille à Montréal quand l’Assemblée nationale ne siège pas. Depuis le début de la pandémie, il convient qu’«il y a très peu des gens dans les tours à bureaux».

«Et ça sera probablement comme ça pour les six prochains mois», a-t-il ajouté lors du point de presse qui a suivi l’émission des documents de mise à jour, jeudi.

S’il ne peut pas indiquer quelle part de l’enveloppe totale obtiendra la métropole, le ministre croit à la renaissance de son centre-ville.

«Montréal est une ville dynamique. Il y aura un printemps. Et si ce n’est pas assez, on ajoutera de l’argent.» – Eric Girard

«Rapidement»

À la Ville de Montréal, on prend les annonces avec soulagement. «Ce sont de bonnes nouvelles pour le centre-ville et le secteur du tourisme qui souffrent beaucoup de la pandémie, indique-t-on au cabinet de la mairesse Valérie Plante. La Ville va continuer à travailler avec le gouvernement pour s’assurer que les fonds atterrissent sur le terrain rapidement et aident le plus de joueurs possibles.»

Sur le terrain, les associations de commerçants partagent le sentiment de l’administration municipale.

«C’est une prise de conscience que les centres-villes sont en pleine dérape», constate le président de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM), Billy Walsh. Il attend désormais de voir si les 50 M$ seront «suffisants».

«Ce sont les gestes qu’il fallait poser. C’est ce qui est important, ici, c’est que le gouvernement comprend qu’il faut agir sur les centres-villes.» – Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal-métropolitain

Objectif hôtels

Dans les hôtels du Grand Montréal, depuis le début de la pandémie, la situation est «catastrophique», constate jeudi la présidente-directrice générale de l’Association des hôtels du Grand Montréal (AHGM), Eve Paré.

C’est donc avec espoir qu’elle a accueilli une deuxième nouvelle enveloppe de ce mini-budget qui doit venir en aide à l’hébergement touristique.

Québec prévoit en effet annoncer des sommes supplémentaires de près de 60 M$ pour l’industrie du tourisme. La mise à jour budgétaire précise qu’une partie des fonds, encore indéterminée, ira vers les hôtels.

«C’est sûr que les besoins sont énormes. À Montréal, on est à plus de 600 M$ de manque à gagner en vente de chambres», souligne Mme Paré.

Le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal-métropolitain, Michel Leblanc, espère que l’aide sera «généreuse et spécifique» dans le secteur hôtelier. «On fait face à une situation paradoxale. Les hôtels sont autorisés à rester ouverts, mais il y a tellement peu de clientèle qu’en pratique, c’est comme s’ils étaient fermés», analyse-t-il.

Tout n’est pas rose

Applaudi en partie par la ville-centre, le mini-budget provincial répète tout de même certaines erreurs, selon le cabinet de la mairesse Plante. Le dossier logement, notamment, ne comporte qu’une page, sur l’entente déjà conclue entre Québec et Ottawa.

«Nous nous expliquons mal qu’il n’y ait pas de nouvelles sommes pour l’habitation alors qu’il s’agit là aussi d’un moteur de la relance économique et qu’il y a urgence d’agir», écrit-on à Métro.

Le budget Girard de mars 2020 n’avait prévu aucun nouvel investissement en habitation.

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