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Craintes d’éclosions de COVID-19 dans les communautés autochtones

Bien que, jusqu’à présent, la réponse des communautés autochtones contre la COVID-19 ait été efficace, la crainte que des éclosions surviennent durant la deuxième vague est de plus en plus présente alors que celles-ci ne disposent pas des ressources suffisantes.

C’est ce qu’ont laissé savoir plusieurs intervenants du milieu de la santé lors d’une table ronde virtuelle organisée par l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL).

Somme toute, l’incidence des infections à la COVID-19 au sein des communautés autochtones est relativement faible lorsqu’on la compare à l’ensemble de la réalité canadienne, a affirmé le médecin spécialisé en infectiologie-microbiologie Dr Amir Khadir.

Le chirurgien Dr Stanley Vollant, également présent au webinaire, est aussi d’avis que les populations autochtones du Québec se sont bien tirées de la première vague. «On a été novateurs, a-t-il souligné. Je pense que la province pourrait prendre exemple sur certaines de nos actions.»

Craintes de la deuxième vague de COVID-19

Cependant, le risque de la deuxième vague, beaucoup plus forte que la première, est très présent, a ajouté Stanley Vollant, actuellement au front dans un hôpital montréalais.

«Le pire est à venir, a-t-il déclaré. Le scénario catastrophe de choisir des patients, je le vis déjà aujourd’hui. Hier, j’ai décidé de laisser mourir quelqu’un de 92 ans parce qu’il n’y avait plus de place aux soins intensifs. J’ai laissé de la place pour quelqu’un de 50-60 ans qui devait être réanimé.»

Dr Vollant craint que cette situation se répercute dans les communautés autochtones.

Or, celles-ci ne disposent pas du personnel et des infrastructures nécessaires si des éclosions surviennent, a mentionné une infirmière atikamekw de Manawan, Jolianne Ottawa. «On n’a pas assez de place pour accueillir d’autres professionnels advenant que nous ici les infirmières tombons au combat. On va manquer de bras», a-t-elle expliqué.

Il sera difficile d’avoir des effectifs dans les communautés étant donné le manque de personnel médical dans les grandes villes, a précisé Dr Vollant.

Vaccination des communautés autochtones

Les docteurs Amir Khadir et Stanley Vollant pensent que la prévention, mais surtout la vaccination sont des moyens efficaces pour protéger les Premières Nations.

«J’espère que le gouvernement du Québec priorisera les communautés autochtones parce que nous avons des indices de vulnérabilité qui nous prédispose à des catastrophes sanitaires», a confié Stanley Vollant.

En effet, si l’infection réussit à s’installer dans les communautés autochtones, les facteurs de risque de complication sont importants. «Il y a des indices de vulnérabilité excessivement grands, que ce soit les problèmes de poids, de diabète, d’hypertension et le grand nombre de personnes qui habitent dans les mêmes maisons», a détaillé Dr Khadir.

La peur du vaccin au sein des communautés autochtones

Cependant, plusieurs membres des Premières Nations sont réticents à se faire vacciner, ont indiqué les intervenants. «Il y a beaucoup de méfiance vis-à-vis de la vaccination. C’est dû à l’insécurisation culturelle et à notre passé», a expliqué Dr Vollant.

En effet, l’infirmière Jolianne Ottawa le constate sur le terrain. «Les gens ont peur alors qu’on sait que c’est la seule arme aujourd’hui dont on dispose pour revenir à une vie normale», a ajouté la panéliste.

De plus, depuis le décès de Joyce Echaquan, les Autochtones font encore moins confiance à la médecine et au réseau de la santé. 

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