La Banque du Canada a décidé de maintenir le taux cible du financement à un jour à 2,25%, estimant que le niveau actuel du taux directeur reste approprié pour ramener et stabiliser l’inflation près de sa cible de 2%.
Le taux officiel d’escompte demeure à 2,5%, tandis que le taux de rémunération des dépôts est maintenu à 2,20%.
Dans son message, l’institution souligne que les perspectives économiques, au Canada comme à l’échelle mondiale, ont peu varié par rapport aux projections du Rapport sur la politique monétaire (RPM) d’octobre. Elle insiste toutefois sur un facteur dominant: l’imprévisibilité des politiques commerciales américaines, combinée aux risques géopolitiques, qui fragilise l’horizon de croissance.
Le spectre américain
La situation au sud de la frontière continue de peser lourd dans les projections économiques. Aux États-Unis, l’activité économique continue de surprendre à la hausse. La banque centrale canadienne s’attend à ce que l’expansion demeure solide, portée notamment par les investissements liés à l’intelligence artificielle et par les dépenses de consommation.
Les droits de douane contribuent toutefois à accroître l’inflation américaine. L’effet devrait s’atténuer graduellement plus tard cette année.
Au Canada, la Banque note que les restrictions commerciales imposées par les États-Unis et l’incertitude continuent de peser sur la croissance. Après un troisième trimestre qualifié de solide, le PIB aurait vraisemblablement stagné au quatrième trimestre, les exportations restant secouées par les droits de douane. La demande intérieure, elle, semble amorcer un redressement. Le marché du travail a affiché des gains récents, mais le taux de chômage demeure élevé à 6,8%, et peu d’entreprises prévoient accroître leurs effectifs.
Cette semaine, le président Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douanes de 100% sur les produits canadiens si le Canada signe un accord commercial avec la Chine. Il a également dit que le Canada «existe grâce aux États-Unis» et il a appelé le premier ministre Mark Carney le «gouverneur» du Canada, en référence à sa menace d’annexer le pays.
La Banque prévoit une croissance modeste de l’économie canadienne à court terme. Elle maintient ses projections d’une croissance de 1,1% en 2026 et de 1,5% en 2027. La révision à venir de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique est identifiée comme une source importante d’incertitude.
Croissance en Europe, ralentissement en Chine
Dans la zone euro, la croissance est soutenue par les services et devrait bénéficier d’un appui budgétaire. En Chine, le rythme du PIB devrait ralentir à mesure que la faiblesse de la demande intérieure compense la vigueur des exportations.
Globalement, la Banque anticipe une croissance d’environ 3% de l’économie mondiale durant sa période de projection.
Sur les marchés, les conditions financières mondiales demeurent jugées favorables. La récente faiblesse du dollar américain a contribué à faire remonter le dollar canadien au-delà de 72 cents US, un niveau proche de celui observé depuis octobre. Les prix du pétrole, quant à eux, ont fluctué au gré des événements géopolitiques et devraient se situer légèrement sous les niveaux anticipés à l’automne.
Sur le front des prix, l’inflation mesurée par l’IPC est remontée à 2,4% en décembre, notamment en raison d’effets de glissement annuel associés au congé de TPS/TVH de l’hiver précédent. En excluant l’effet des changements de taxes, l’inflation ralentit depuis septembre. Les mesures privilégiées d’inflation fondamentale ont reculé d’environ 3% en octobre à près de 2,5% en décembre. La Banque s’attend à ce que l’inflation demeure près de la cible de 2% durant la période de projection.
Le Conseil de direction affirme suivre de près l’évolution des risques et se dit prêt à réagir si les perspectives devaient changer, réitérant son engagement à préserver la confiance du public dans la stabilité des prix.
