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Une femme et son histoire

Carole Bureau était impatience de s’envoler vers l’Europe au printemps dernier. Son billet d’avion à la main, elle a  cependant été contrainte de retarder son départ. C’est une aventure bien différente qui l’attendait…

S’étant découvert une bosse au sein gauche en avril, elle a rapidement reçu son diagnostic : elle était atteinte d’un cancer du sein. «Je ne m’attendais vraiment pas à ça», raconte cette femme de 57 ans, qui pédalait chaque jour 40 km à vélo pour aller travailler.

Comme Carole Bureau, une femme sur neuf apprendra cette terrible nouvelle au cours de sa vie.

Aujourd’hui, assise au deuxième étage de l’hôpital Cité de la Santé, sa bourse rouge sur les genoux, Mme Bureau attend son tour. Elle recevra son huitième traitement de chimiothérapie. Il lui en restera ensuite quatre à subir.

«Le plus pénible a été d’annoncer mon cancer à mes enfants, affirme cette maman de trois enfants de 25 à 29 ans. Ma mère est morte du cancer du sein il y a 20 ans. Je sais ce qu’ils vivent.»

«Qui est cette vieille dame que je vois?»

Une infirmière appelle Carole Bureau. Elle lui demande de se choisir une place dans la salle numéro un. Mme Bureau s’installe dans un coin, question d’avoir un peu plus d’intimité parmi la douzaine de patients traités en même temps.

«Je trouve très difficile de voir les autres malades, avoue-t-elle. Il y en a qui sont plus malades que toi, qui ont le visage enflé, les yeux cernés. C’est décourageant de penser que je pourrais ressembler à ça.»

Le traitement de Mme Bureau est d’une durée de deux heures. Pour certains, c’est beaucoup plus long. Sa voisine de chaise est arrivée à l’hôpital vers 10 h et n’en repartira que vers 18 h.

Une infirmière installe le soluté de Mme Bureau. Elle devra s’y reprendre à deux fois avant de réussir à insérer l’aiguille correctement. «La chimiothérapie rend nos veines très dures, explique Mme Bureau. On devient plein de bleus, et c’est de plus en plus difficile de bien piquer.»

On lui injecte le contenu de trois grosses seringues; dont le liquide de deux d’entre elles est d’un rouge vif. «C’est le produit rouge qui fait perdre les cheveux au 25e jour de traitement», explique-t-elle.

«Quand je me regarde dans le miroir, je me demande qui est la vieille dame que je vois», se désole Mme Bureau, qui se coiffe la plupart du temps d’un foulard, parfois d’une perruque.

De l’énergie consacrée à guérir

Carole Bureau ne travaille plus depuis le début de ses traitements. «Je consacre toute mon énergie à guérir, dit-elle. Je m’occuperai ensuite du sort des autres femmes.»  Elle s’est inscrite à des cours de thaï chi et de yoga, consulte un psychologue, continue à garder sa petite-fille de 14 mois et passe du temps avec sa famille et ses amies.

Si tout se passe comme prévu, sa chimiothérapie terminera en novembre. Après un mois de répit, elle entamera un traitement de radiothérapie de 25 jours consécutifs. Elle aura ensuite des médicaments pendant les cinq ans.

Mais, pour le moment, Mme Bureau espère pouvoir faire un peu de ski et de raquette cet hiver, s’excerce à la patience et rêve de partir à la découverte de l’Europe le plus vite possible.

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