Le Parti conservateur n’est parvenu à faire élire que cinq députés au Québec, le 2 mai. Mercredi, quatre d’entre eux – Christian Paradis, Denis Lebel, Maxime Bernier et Steven Blaney – ont été nommés ministres. Maria Mourani, députée d’Ahuntsic et rare survivante bloquiste de l’élection fédérale, a commenté, pour Métro, le nouveau cabinet conservateur.
Comment qualifieriez-vous le cabinet Harper?
C’est un cabinet qui s’inscrit dans la continuité, sans grands changements. Il y a tout de même quelques éléments que j’ai trouvé particuliers dans ce cabinet. Tout d’abord, Maxime Bernier est de retour [au poste de ministre d’État aux Petites et moyennes entreprises, et du Tourisme]. On dit qu’il devra se rapporter à Christian Paradis [nouveau ministre de l’Industrie] et qu’il est sous surveillance. Pourtant, selon moi, quand on nomme un ministre, c’est pour qu’il fasse du bon travail, pas pour qu’il soit surveillé. On parle quand même d’un homme qui a fait preuve de manque de jugements à de nombreuses occasions. Ça me semble inusité comme retour.
Il y a aussi le retour de Bev Oda à la tête du même ministère [celui de la Coopération internationale], qui est particulière. Quand je regarde ça, je me dis que Mme Oda a été récompensée pour avoir exécuté les demandes du bureau du premier ministre. Bev Oda a pris sur elle les scandales qui l’impliquaient et il semble que le premier ministre l’a remerciée.
Le Québec a obtenu quatre ministres. Peut-on considérer que la province est bien représentée?
Le Québec est sous-représenté. Il a obtenu deux ministères intéressants [l’Industrie et les Transports], mais les ministres qui ont été nommés n’ont pas une grande influence. Denis Lebel [nouveau ministre des Transports et de l’Infrastructure] est un gentil bonhomme, mais il n’a pas eu une grande influence dans son caucus jusqu’à présent. Si on regarde le dossier de l’industrie forestière, on ne peut pas dire que le Québec a gagné grand chose avec lui. Je suis prête à laisser la chance au coureur, mais si le passé est garant de l’avenir, je ne suis pas sûre que ce cabinet soit une bonne nouvelle pour le Québec.
Quels devraient être les dossiers prioritaires des conservateurs relativement au Québec?
Le gouvernement a promis de régler l’harmonisation de la taxe de vente avec le Québec et de lui verser 2,2 G$. Je m’attends à ce que cette somme soit dans le budget qui sera présenté dans la semaine du 6 juin et que le dossier se règle rapidement. Je m’attends aussi à des investissements massifs dans le pont Champlain. L’argent devra aussi apparaître dans le prochain budget. Enfin, j’espère que les militaires ne se retireront pas de la Montérégie avant la fin des inondations. C’est fondamental. Les gens ont encore besoin d’aide.
Les conservateurs sont désormais majoritaires, mais font face à une forte opposition néodémocrate. Croyez-vous qu’ils sauront collaborer avec l’opposition officielle?
Je souhaite bonne chance au NPD! J’espère que les conservateurs sauront collaborer avec tous les députés, mais, encore une fois, si le passé est garant de l’avenir, le gouvernement risque de faire à sa tête.
Stephen Harper a nommé, mercredi, Josée Verner et Larry Smith au Sénat. Comment avez-vous accueilli ces nominations?
Selon moi, le Sénat est une institution archaïque qui ne devrait même plus exister dans sa forme actuelle. Lorsque des gens sont défaits aux élections, ça veut dire que la population a envoyé un message. Que le gouvernement en profite pour les nommer au Sénat et leur redonne une légitimité qu’ils n’ont plus, c’est assez inacceptable. Stephen Harper a toujours dit qu’il voulait changer le Sénat, mais il ne fait rien pour le changer. Il ne fait qu’y nommer du monde.
