Environnement

Anticosti: un regroupement presse le gouvernement de tenir parole

Un regroupement de syndicats et de groupes environnementaux demande au gouvernement Couillard de tenir ses engagements à l’égard de l’exploitation pétrolière sur l’île d’Anticosti.

L’organisation, dont fait notamment partie la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Greenpeace et Équiterre, ont rappelé lundi en conférence de presse que le premier ministre Philippe Couillard s’est engagé en campagne électorale à tenir une évaluation environnementale avant tout forage, notamment sur Anticosti.

Alors que doivent s’amorcer cet été les premiers forages à Anticosti, après l’investissement de 115M$ annoncé par l’ancien gouvernement péquiste, les groupes environnementaux et les syndicats pressent le premier ministre de respecter sa parole.

«Le gouvernement Couillard doit suspendre immédiatement les activités de forage prévues sur Anticosti et en Gaspésie, le temps de réaliser cet examen public qui devrait se faire dans le cadre d’un BAPE générique», soutient Claude Faucher, vice-président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, rappelle que M.Couillard a qualifié, en campagne électorale, l’exploration pétrolière à Anticosti comme un mauvais investissement et déplorait «que le Québec se lance dans la loto-pétrole».

«Alors que le gouvernement veut sabrer les dépenses publiques et revoir l’ensemble des programmes de subventions aux entreprises, il y a lieu de revoir l’investissement à haut risque de 115M$ de fonds publics sur Anticosti», soutient M. Mayrand.

Philippe Couillard avait aussi précisé lors des élections qu’il tenait à respecter les ententes déjà signées. Bien qu’il soit impossible actuellement pour les groupes environnementaux de connaître le contenu des ententes réalisées entre l’ancien gouvernement et les compagnies d’exploration pour le rachat des permis, le directeur général de Nature Québec, Christian Simard, estime toutefois que le gouvernement actuel aurait suffisamment de poids, en tant que partenaire principal de la coentreprise, pour repousser le projet ou se retirer financièrement.

La cabinet du ministre de l’Environnement David Heurtel n’a pas voulu préciser lundi si le ministre compte réaliser une évaluation environnementale avant l’exploration pétrolière à Anticosti. «Le dossier d’Anticosti suscite de vives réactions chez les citoyens. Nous assurons qu’elle seront prises en considération dans nos décisions», a indiqué l’attachée du ministre, Gabriela Quiroz.

Contestation judiciaire
Les premiers forages stratigraphiques qui doivent être réalisés dès cet été à Anticosti font l’objet d’une contestation judiciaire par le Centre québécois du droit de l’environnement, depuis plus d’un an. L’organisme critique que cette première démarche d’exploration ne soit pas conditionnelle à l’obtention au préalable d’un certificat d’autorisation.

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