VANCOUVER — De passage en Colombie-Britannique, où les parents paient les frais de garde d’enfants parmi les plus onéreux au pays, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a fait la promotion, jeudi, de son programme national de garderies à 15 $ par jour.
Dans la circonscription de Vancouver Granville, M. Mulcair a affirmé que son plan aiderait les familles dans une province où deux enfants sur trois n’ont pas accès aux services de garde réglementés.
«J’ai parlé à des mères qui ont été forcées de choisir entre leur carrière et leurs enfants. Il va sans dire que ce sont les femmes, en grande majorité, qui doivent faire ce sacrifice», s’est désolé M. Mulcair.
Questionné à savoir s’il serait capable d’offrir une place à chaque enfant canadien dans son programme, il a répondu que «c’était l’objectif».
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) avait présenté son plan national des garderies l’automne dernier. Seulement à Vancouver, 50 000 places seraient créées.
Actuellement, les familles de la région paient en moyenne 1215 $ par mois pour faire garder un seul enfant, selon le Centre canadien de politiques alternatives. Au Québec, ce même service coûte environ 152 $ par mois pour un enfant.
M. Mulcair a affirmé qu’il avait discuté de sa proposition avec des gens d’affaires de partout au pays. «Ils comprennent qu’en aidant les familles à accéder à des services de garde abordables, ils se font aussi aider en tant qu’employeurs», a-t-il expliqué.
Le chef néo-démocrate a indiqué le manque de place en garderies coûtait environ 600 millions $ annuellement aux entreprises de la Colombie-Britannique — toujours en citant le Centre canadien de politiques alternatives.
Par ailleurs, M. Mulcair a été appelé à commenter un sondage CROP/La Presse, qui place le NPD bien en tête des intentions de vote au Québec, contre le Bloc québécois, le Parti libéral et le Parti conservateur.
Thomas Mulcair, se disant «encouragé» par la nouvelle, a suggéré que les résultats du coup de sonde reflétaient le «travail extraordinaire» réalisé par sa députation québécoise.
Il a cependant prévenu qu’on «ne peut malheureusement pas mettre un sondage dans une boîte à scrutin» et qu’il reste «deux mois de travail ardu» à abattre d’ici le 19 octobre.
Plus tard, jeudi, M. Mulcair a participé à un rassemblement à Winnipeg avec plus de 1000 partisans. Son discours a toutefois été interrompu par des manifestants contre l’oléoduc Énergie Est.
Le chef néo-démocrate, qui était au début plutôt amusé par la manifestation, est devenu visiblement irrité par le chahut. «Regardez, je suis plus qu’ouvert à supporter vos cris, mais je parle des Premières Nations. Pouvez-vous démontrer un peu de respect, s’il-vous-plaît?», a-t-il lancé.
