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Une étude sur les CPE soulève un tollé

Jordan Press - La Presse Canadienne

OTTAWA — Les auteurs d’une étude affirmant que le système des garderies abordables au Québec est nuisible ont trop vite sauté aux conclusions et ont donné une fausse représentation de la réalité, ont dénoncé des experts et des défenseurs du programme.

L’étude réalisée par trois professeurs soutient que les centres de la petite enfance québécois (CPE) peuvent avantager les enfants sur le plan des résultats scolaires mais leur nuisent au chapitre de la santé, de la criminalité et de la perception de la vie comparativement à ceux des autres provinces qui n’ont pas accès à ce genre de service.

Des experts qui ont aussi étudié le modèle québécois ont souligné les faiblesses de l’étude, qui peut induire en erreur les électeurs canadiens au sujet des programmes de garderie. Ils font remarquer que les auteurs de l’étude ont lié les comportements de tous les enfants de la province, même si la moitié d’entre eux ne fréquentent pas un CPE public.

«Ils ont inclus tout le monde au Québec. Donc, ces résultats peuvent être influencés par ceux qui ne vont pas en garderie. On ne peut pas en conclure que leur comportement est influencé par le système de garderie, a souligné la professeure Christa Japel du département d’Éducation et formation spécialisées de l’UQÀM. Si la moitié des enfants ne vont pas en garderie, peut-on associer les garderies à ces augmentations insignifiantes sur l’échelle des comportements?»

Ce n’est pas la première fois que les professeurs Kevin Mulligan — qui a reconnu au Devoir qu’il conseillait les libéraux fédéraux sur divers sujets —, Michael Baker et Jonathan Gruber s’en prennent au système des CPE. Leur première étude sur le sujet, publiée en 2008, avait aussi soulevé la controverse.

Toutefois, leur nouvelle étude a été publiée au coeur de la campagne électorale au cours de laquelle le Nouveau Parti démocratique a promis d’établir un système national de garderie semblable à celui du Québec.

Dans une récente étude, l’économiste Pierre Fortin, de l’UQÀM, avait démontré que le programme des garderies avait aidé l’économie québécoise, accru la présence des femmes sur le marché du travail et augmenté les revenus des gouvernements fédéral et provincial. D’autres études estiment que le gouvernement récupère entre 1,50 $ et 3 $ pour chaque dollar investi dans le système des CPE.

Martha Friendly, la directrice du Child Resource and Reseach, dit que l’étude controversée aurait été valide si tous les enfants de la province allaient en garderie, ce qui est loin d’être le cas. «Il n’y a pas d’explications sur les raisons pour lesquelles leurs résultats sont si différents des autres études, a-t-elle dit. On peut se demander s’ils ont comparé des pommes à des oranges.»

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