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Culture

Saga sans fin

Loin de ces reliques des années 1980 qui n’ont pas survécu à leur époque, les pionniers du prog canadien Saga apparaissent comme des champions de longévité.

Les habitués des radios rock connaissent par cœur les hits de Saga : Wind Him Up, The Flyer, Scratching The Surface, On the Loose… La liste est longue et on pourrait croire que le groupe appartient à une ère révolue. Pourtant, en survolant sa discographie, on constate que, de la parution de son album éponyme en 1978 jusqu’au lancement de 20/20 le mois dernier, Saga n’a jamais disparu.

«Quand je regarde en arrière, je suis à bout de souffle, rigole Michael Sadler, chanteur de la formation ontarienne, toujours étonné par l’ampleur du chemin parcouru en 35 ans de carrière. Tellement d’albums, de chansons, de notes… c’est étourdissant!»

Si le succès des débuts et la persistance dans le temps créent des attentes variées au sein du public, les rockeurs aguerris de Saga réussissent à exploiter sur 20/20 un son résolument moderne en ne sacrifiant rien de leur identité. «Après tant d’années dans le même groupe, il serait facile d’oublier pourquoi les fans apprécient notre musique, mais ce serait un suicide professionnel», lance Sadler en toute humilité. «C’est grâce à eux que nous sommes encore là; la moindre des choses est de leur donner ce qu’ils attendent de nous.»

Le résultat : un album progressif «très 2012», flirtant souvent avec le métal, où l’on reconnaît l’empreinte du Saga vintage.

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20/20 représente sur le plan personnel une étape importante pour Sadler, qui avait dû laisser sa place sur le précédent album, The Human Condition (2009), pour des «raisons familiales». Une absence de cinq ans qui, plutôt que de s’avérer dommageable, a procuré au groupe une énergie nouvelle. «Le retour s’est fait de manière parfaitement naturelle. Les gars n’avaient pas changé, et j’ai repris mon poste aussi facilement que si j’étais parti deux semaines», se souvient le frontman.

Bref, la magie était intacte, à la seule différence que, cette fois, Michael Sadler n’a pas participé à l’écriture de la musique. «On m’a apporté un disque à 99 % terminé. Auparavant, j’avais toujours participé à la composition. Ça m’a permis d’aborder le travail vocal de manière totalement objective pour la première fois».

La confiance nécessaire afin de revenir à la barre du groupe n’est pas étrangère à la relation de réciprocité que le chanteur dit entretenir avec son auditoire. «Les gens s’attendent à ce que nous restions authentiques, et nous nous attendons à la même chose de leur part», insiste-t-il. Michael Sadler se réjouit donc de voir, à l’image de Saga, son public évoluer constamment. «Beaucoup de gens ont grandi avec nous. Ce sont maintenant des familles complètes qui se présentent à nos spectacles», constate-t-il, fier de ses fans de longue date qui transmettent aujourd’hui leur enthousiasme à leurs enfants.

Avec des spectacles prévus partout en Europe et en Amérique du Nord jusqu’en 2013, Sadler mise entièrement là-dessus : «Si à la fin de la soirée tout le monde quitte avec le sourire, c’est que nous avons fait notre travail.»

Saga
Au Théâtre Corona
Jeudi à 21 h

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