lang="fr-FR" > Jane Birkin : La grande évasion
Culture

Jane Birkin : La grande évasion

La sortie d’Enfants d’hiver en novembre 2008 a marqué un tournant dans la carrière de la chanteuse et réalisatrice Jane Birkin, désormais parolière. En concert demain soir au Théâtre Maison­neuve de la Place des Arts pour défendre cet opus très personnel, la star française revient sur cette nouvelle facette de son métier.

Longtemps, Jane a chanté les mots des autres, que ce soit ceux de son Pygmalion, Serge Gainsbourg, tout d’abord, puis ceux de Sou­chon, de Voulzy, de Mickey 3D et de Miossec.

«C’était magnifique, mais peut-être étais-je destinée à rêver d’évasion», confie-t-elle malicieusement, reprenant les derniers mots que Gainsbourg a écrits pour elle dans la chanson Amours des feintes.

Bien décidée à voler de ses propres ailes, elle s’est donc penchée sur des textes très intimistes dans son dernier album. Le style musical, lui, ne change pas : des mots murmurés, à peine audibles, et un petit accent britannique. Avec sa voix et son style, Jane Birkin est reconnaissable entre mille.

Un long accouchement
Enfants d’hiver a mis plus de sept ans à voir le jour. La faute en est à un emploi du temps chargé, entre tournées incessantes et réalisation de son premier long métrage, Boxes, sorti en 2007.

Plusieurs années après l’écriture de ses premiers textes, alors que l’album était un peu tombé dans l’oubli, une musique de l’artiste canadien Hawksley Workman lui a fait l’effet électrochoc.

«J’ai eu ses bandes dans mon sac pendant sept ans, raconte-t-elle. Il y avait cette chanson, avec une mélodie magnifique, et je me suis dit que je ferai bien quelque chose avec. J’ai écrit dans la nuit un texte dessus, et ça a donné Enfants d’hiver. Cette mélodie était si bonne que j’aurais pu écrire deux, trois textes dessus tellement c’était beau! J’ai d’ailleurs appelé tout l’album du nom de ce morceau.»

C’est ainsi que Jane s’est investie pour de bon dans la réalisation de son premier album en tant qu’auteure.

«Pendant les tournées, j’ai écrit des trucs la nuit, des choses qui me venaient dans la tête, se rappelle-t-elle. La plupart du temps, j’avais ces textes, et comme par miracle les musiques qui m’étaient données collaient parfaitement. C’était drôle!»

D’humeur militante
Le résultat est touchant. Sur des instrumentations simples mais passionnées, 12 chansons parlent de sa vie, de sa solitude, de ses amours, de son enfance, et de sa famille. D’humeur sereine, mais militante, elle reste aussi fidèle à ses engagements, notamment à celui pour la libération d’Aung San Suu Kyi, prisonnière politique et opposante à la junte birmane.

«Je bataille pour elle depuis une dizaine d’années, dit-elle. J’ai eu la chance de la rencontrer il y a 12 ans, et j’ai fait la promesse que je ferai tout ce que je pourrai pour elle.»

Un show tout en retenue
Le spectacle de Jane Birkin garde la marque empreinte de nostalgie propre à l’opus.

«On a fait un mélange des chansons très anciennes de Serge, comme L’eau à la bouche, que j’ai toujours chantée, et de mes chansons, que je n’avais encore jamais chantées en public.»

Le fruit de ces efforts nous révèle une Jane Birkin sous son meilleur jour, loin des extravagances de ses jeunes années. «C’est une sorte de moment in time qui – j’espère – va toucher les gens», confie la chanteuse.

Jane Birkin
Avec Stéphanie Lapointe
en première partie
Au Théâtre Maisonneuve
de la Place des Arts
Demian soir à 20 h

Articles récents du même sujet

Exit mobile version