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Culture

Oxmo Puccino : Dans l'air du temps…

Marc-André Lemieux - Métro

Le message de répondeur d’Oxmo Puccino ne pourrait être plus clair : «Je déteste le téléphone. Je préfère les SMS.»

Parce qu’il est difficile de mener une entrevue via messages textes, nous n’avons d’autre choix que de lui donner un nouveau coup de fil et d’espérer qu’il réponde.

Quand il finit par décrocher le combiné (au bout de quelques appels), le rappeur s’explique : «J’aime mieux passer par les mails et les autres moyens de communi­­cation. Sinon, je passerais ma journée au téléphone!»

Puccino ne s’en cache pas : le temps a toujours été pour lui une obsession. Il en fait part sur L’arme de paix, son cinquième album, lancé en mars dernier dans l’Hexagone et paru il y a quelques semaines au Québec.

Sur la pièce 365 jours, le Français d’origine malienne déclare : «La vie est courte et la mort a du temps / Né le matin, majeur à midi, vieux dès 20 h.»

Au quotidien, la fixation du chanteur se traduit par une anxiété qu’il peine à contrôler, une angoisse que son âme d’artiste ne fait qu’exacerber.

«J’ai beaucoup d’idées et j’ai beaucoup d’envies, mais plus ça va, plus je me rends compte que je ne pourrai pas toutes les réaliser», indique-t-il.

Un regard plus optimiste
Oxmo Puccino, de son vrai nom Abdoulaye Diarra, pose aussi un regard optimiste sur les relations humaines sur L’arme de paix.

Il s’agit d’une première pour le rappeur de 35 ans, qui nous a habitués à un
discours plutôt dur sur la société moderne.

«Après avoir exploré tout ce qu’il y avait de plus obscur autour de moi, j’ai compris que ce que je pouvais faire de mieux, c’était d’éclaircir tout ça, raconte-t-il. C’est là où j’en suis aujourd’hui : je ne garde que le meilleur. Car contrairement au bien, le mal n’a pas de limite, mais nous, oui.»

Ouvert sur le monde
Enregistré à la suite d’une tournée triomphale dans toute la France, L’arme de paix succède à Lipopette Bar, un album-concept à saveur jazz inspiré des films noirs des années 1950.

Selon Oxmo Puccino, ses escapades scéniques dans les univers musicaux de Billie Holiday et compagnie lui ont permis d’accoucher d’un opus plus ouvert sur le monde, non seulement au niveau de la musique (le hip-hop qu’il propose est de plus en plus métissé), mais également au niveau des textes.

«C’est un album que j’ai construit dans le sens du partage, à l’image de ma dernière série de spectacles, où j’abordais la musique sans cloison ni barrière», souligne-t-il. Les gens ont parfois l’impression que je ne parle que de moi, ce qui est complètement faux… particulièrement sur ce CD.»

Dignes successeurs
Ayant débarqué sur la scène musicale au milieu de la décennie 1990, Oxmo Puc­ci­no se réjouit de la reconnais­sance que l’industrie et le public accordent finalement au hip-hop français.

Selon lui, les rappeurs sont les dignes successeurs des plus grands paroliers que sa patrie ait connus, comme Jacques Brel, Charles Azna­vour, Jean-Jacques Goldman ou même Michel Berger.

«Le problème du génie, c’est qu’il faut du temps pour le reconnaître, dit-il. Je suis certain de l’importance des rappeurs d’aujourd’hui. Et je le dis et le répète pour pouvoir passer pour un malin le jour où tout le monde le réalisera.»

Oxmo Puccino
Au Métropolis
Ce soir à 21 h

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