Ça ne fait pas de doute : la famille Wainwright renoue avec la langue de Molière cet été.
Rufus a ouvert le bal le 10 juillet en présentant à Manchester Prima Donna, son premier opéra. Entièrement écrite en français, l’Å“uvre trace le récit d’une journée dans la vie d’une cantatrice qui tente d’effectuer un retour sur scène.
Martha poursuivra dans la même veine que son frère ce soir au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. La fille de Loudon Wainwright III et de Kate McGarrigle y offrira un spectacle majoritairement en français au cours duquel elle revisitera quelques titres de ses deux premiers albums, plusieurs classiques de la chanson francophone et surtout, le répertoire d’Édith Piaf.
Mais attention! L’étoile de 33 ans n’a pas l’intention de faire une Marion Cotillard d’elle-même et de se métamorphoser en celle qu’on appelait la môme. «Je ne suis pas comédienne, précise-t-elle à l’autre bout du fil. Je ne joue pas Édith Piaf. Et puis de toute façon, je ne lui ressemble pas du tout. Ma voix est très différente de la sienne.»
Un album live
C’est après avoir reçu un appel de Hall Willner, qui a notamment travaillé avec Marianne Faithfull, Lou Reed et Gavin Friday, que Martha Wainwright s’est plongée dans l’univers d’Édith Piaf. Le réalisateur souhaitait voir la chanteuse canado-américaine puiser dans les morceaux moins connus du répertoire de l’interprète de l’Hymne à l’amour.
«Il cherchait une artiste anglophone qui sait parler français et comme il n’y en a pas beaucoup aux États-Unis, il m’a contactée!» raconte-t-elle aujourd’hui.
Enregistré en juin devant une centaine de spectateurs dans un petit théâtre new-yorkais, l’album sera lancé au mois d’octobre.
Face à la critique
Contrairement à celles qui se sont déjà attaquées à l’Å“uvre de Piaf, Martha Wainwright ne craint pas la critique.
L’auteure-compositrice croit même qu’en raison de son héritage anglo-saxon, la presse sera plus indulgente envers elle.
«Lorsqu’une Française reprend du Piaf, elle n’a pas droit à l’erreur, et si par malheur elle rate son coup, on lui donne l’impression qu’elle a déshonoré sa patrie, explique-t-elle. Pour une artiste anglophone, ce n’est pas pareil. L’aspect sacré est négligeable. Les gens s’attendent à des erreurs et à un mauvais accent!»
À l’écouter parler, on se rend vite compte que la critique que Wainwright redoute le plus, c’est la sienne. La chanteuse a beau s’exprimer dans un français tout à fait charmant pour une globetrotter qui divise son temps entre Montréal et New York, elle s’exaspère chaque fois qu’elle ne réussit pas à trouver le mot juste pour exprimer le fond de sa pensée.
«C’est terrible! s’exclame-t-elle. Je suis allée à l’école secondaire en français,
bordel!»
Martha Wainwright
Au Théâtre Maisonneuve
Ce soir à 20 h