Culture

Beautiful Boy: un cocon familial

Avec Beautiful Boy, le cinéaste Felix Van Groeningen met en scène Steve Carell et Timothée Chalamet dans une odyssée bouleversante.

La dernière fois qu’on s’est entretenu avec le réalisateur belge, c’était il y a presque 10 ans pour La merditude des choses, une sorte de Wes Anderson sur l’acide qui dépeignait des relations intenses au sein d’un clan toxique.

Les films se sont succédé, mais la famille est toujours demeurée au cœur de son art.

Ses préoccupations sont intactes dans cette histoire vraie sur le dévouement presque mythique d’un père (Steve Carell) qui tente d’aider son fils (Timothée Chalamet) accro au crystal meth.

«Ça m’a vraiment touché très fort de voir une famille qui pense pouvoir combattre ce fléau et de réaliser qu’elle ne peut pas, confie en entrevue le metteur en scène flamand. Même si je ne me suis jamais vraiment perdu dans la drogue, j’ai expérimenté beaucoup de choses et j’aurais pu être comme le fils.»

Pour son premier long métrage tourné en anglais avec des acteurs américains, celui qui s’est fait connaître sur la scène internationale avec The Broken Circle Breakdown, nommé aux Oscars en 2014 dans la catégorie du Meilleur film étranger, reconnaît avoir eu carte blanche pour faire le film qu’il voulait.

Il a ainsi pu cosigner le scénario, retenir les services de collaborateurs de son pays et obtenir à des journées de répétition, ce qui est rarissime à Hollywood.

«Le plus important c’est que c’est une famille qui existe et qui s’en sort, d’une manière ou d’une autre. Le film ne dit pas que c’est facile, bien au contraire, mais montrer cette histoire, ça peut donner de l’espoir.» -Félix Van Groeningen, dont le nouveau long métrage, Beautiful Boy, porte sur les combats quotidiens d’une famille face à la dépendance à la drogue d’un de ses membres.

«C’est ce que je fais toujours! assure le cinéaste. C’est bien d’avoir la liberté et le confort de vraiment essayer des trucs, pour être sûr qu’on est en train d’avancer dans la bonne direction.»

Depuis sa présentation au Festival international du film de Toronto (TIFF), Beautiful Boy suscite des rumeurs d’Oscars, surtout pour la qualité du jeu de ses interprètes.

«Tant mieux pour eux! lance en riant le réalisateur. Diriger les acteurs, c’est la chose que je préfère. Quand je fais mon casting, je tombe vraiment amoureux de mes acteurs. Je ne les choisis pas si je n’ai pas de coup de foudre.»

Felix Van Groeningen ose l’émotion dans son cinéma, qui naît à la fois du jeu des comédiens, des situations réalistes, de la trame sonore (ici Mogwai et Sigur Ros) et du montage ponctué d’ellipses.

Ce qui aurait pu être lourd ne l’est pas, en raison de cette beauté qui finit par transcender la douleur.

«Réaliser, pour moi, c’est chaque jour différent, maintient le principal intéressé. On ne sait jamais où on va arriver ou comment on va arriver à atteindre quelque chose. Ce qui est important, c’est que je sente quelque chose, que je sois touché, que je commence à pleurer.»

Beautiful Boy est à l’affiche dès demain au Cineplex Forum et au Quartier Latin

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