Il y a quatre ans, après avoir vu deux de ses amies lutter contre le cancer et l’une d’entre elles perdre son combat, le metteur en scène portugais Rui Germano a décidé de faire quelque chose.
À l’âge de 11 ans, il a été témoin de la victoire de sa mère contre la maladie.
«Cette expérience m’a montré que le cancer n’est pas nécessairement synonyme de mort», confie-t-il.
Le théâtre était sa cible. Pendant le processus de création, M. Germano a mis de côté la possibilité de travailler avec des actrices professionnelles, car il a réalisé qu’il avait besoin de femmes prêtes à parler d’un sujet aussi intime.
Il a ensuite soumis son idée à l’administrateur de Superglamorosas, un blogue créé par sa défunte amie. «Après son décès, quelques amis ont décidé de poursuivre le blogue à sa mémoire, explique-t-il. Ils ont réalisé à quel point il avait influé sur la vie de nombreuses autres femmes ayant un cancer du sein. C’était une tribune où elles pouvaient partager de l’information et leurs expériences.»
La bande des sept
Le projet de pièce de théâtre a pris naissance peu de temps après, grâce à sept femmes qui ont offert de leur plein gré le récit de leur lutte contre le cancer du sein, quelque chose d’assez unique au monde.
Aux «actrices» s’est jointe Cacilda, la mère de M. Germano.
Au départ, il était important de créer un esprit de solidarité pour permettre aux femmes de s’exprimer sans peur ni honte, d’après M. Germano.
«Graduellement, chacune d’elles s’est mise à s’ouvrir sur certains aspects de sa propre expérience, note-t-il. Pour elles, c’était pratiquement une catharsis.»
Rose, espoir (Rosa, Esperança en portugais) relate l’histoire de plusieurs femmes qui vivent l’arrivée du cancer dans leur vie et décident de le combattre.
Composée de fragments d’histoires vécues, la pièce nous raconte que la plupart des cancers du sein sont guérissables s’ils sont dépistés précocement, que l’auto-examen est très important et qu’il peut faire la différence entre la vie et la mort, précise le metteur en scène.