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Culture

Critiques CD de la semaine du 26 au 30 novembre

Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Deftones, Claire Pelletier, Elbow, Alexis HK, Egyptian Project et Diamond Rings.

Magnétique
Deftones
Koi No Yokan (4,5/5)

Koi No Yokan signifie, en japonais, le fait de rencontrer quelqu’un pour la première fois et de savoir instantanément qu’un jour, ce sera l’amour. Ce sentiment imprègne chaque seconde de ce septième album des Deftones, des moments les plus dociles aux plus violentes explosions de rage. Le quintette californien, depuis longtemps affranchi du nu-metal, perfectionne ici le son unique, sublime et obsédant qu’il a façonné en 2000 sur White Pony, son album phare. Koi No Yokan… ça pourrait vous frapper dès la première note.
– Maxime Huard

Magnifique
Claire Pelletier
Soleil ardent (4/5)

Pour son septième album, la chanteuse québécoise à la voix d’or a choisi de fouiller dans le passé lointain pour sélectionner 11 chansons. On est loin de l’album de reprises facile. Elle est remontée jusqu’au Moyen Âge pour trouver la perle rare. Ça donne un album planant où le réalisateur et arrangeur Pierre Duchesne montre tout son talent. Il fait littéralement revivre ces très vieilles chansons avec des instruments acoustiques mais aussi une touche d’électro très actuelle. Claire Pelletier est, comme toujours, inspirée; elle est particulièrement bouleversante dans les chansons plus féminines, comme La fiancée. Un disque magnifique.
– Éric Aussant

Accompli
Elbow
Dead in the Boot (4/5)

Si Elbow avait été sacré Meilleur groupe de l’année 2009 aux Brit Awards, Dead in the Boot, le sixième album du quintette, vient confirmer son talent. Le disque, qui prouve l’accomplissement du groupe, nous fait voyager au pays des ambiances même si, dans l’ensemble, il s’en dégage une certaine mélancolie. Il s’ouvre sur Whisper Grass et ses riffs de guitare bruyants, mais le groupe a vite fait de nous apaiser avec des mélodies plus calmes (Every Bit the Little Girl), et la voix susurrante de Guy Garvey nous fait même flirter avec les berceuses (Lullaby). Les 13 pièces de Dead in the Boot semblent n’en former qu’une. Un album à écouter en regardant tomber la neige.
– Anicée Lejeune

Les mots en avant
Alexis HK
Le dernier présent (4/5)

La comparaison a été faite partout : Alexis HK a un timbre de voix semblable à celui de Joe Dassin et une écriture qui nous rappelle un peu Georges Brassens. Cela peut sembler simpliste de catégoriser un artiste de cette façon, mais conjuguer les talents de ces deux géants n’est pas un mince exploit. Dans son nouvel album, Le dernier présent, le chanteur français prouve qu’il sait y faire. Les mélodies sont accrocheuses, mais sobres, laissant toute la place à une poésie pas toujours si simple.
«Fils errants dans l’ère Mitterrand / Fils de la bière et du néant / Fils de l’idéal du général».
– Mathieu Horth-Gagné

Bonbon pour l’âme
Egyptian Project
Ya amar (4/5)

Egyptian project, c’est la splendide collision de deux univers : les musiques traditionnelles du Caire et l’alchimie électro du Nantais Jérôme Ettinger, parmi les derniers contemporains à jouer de la flûte arghûl, un instrument pharaonique. Les titres convient les chants arabes, gracieuseté de Sayed Emam et de sa voix porteuse, les envolées hip-hop (comme sur la post-Printemps arabe Menen Aguibak) et les infusions électro-acoustiques. Sur Rouhi, enregistrée live, le chanteur cairote perce une ambiance minimaliste, et bien vite touche le cœur. Une telle profondeur ne sera atteinte que sur Soufi, quête ontologique et métronome pour hanches courageuses. Du bonbon pour l’âme.
– Charles-Éris Blais-Poulin

Et soudain
Diamond Rings
Free Dimensional (3/5)

Il commence en force, ce deuxième album du Torontois Diamond Rings, de son vrai nom John O’Regan. C’est glam, c’est new wave, un peu Depeche Mode, un peu Cure. On appuie plusieurs fois sur «repeat» en entendant des hits instantanés comme All The Time et Runaway Love, mais à la sixième chanson, ish, John se lance dans un rap! L’effet est celui d’une p’tite douche froide. La pièce d’après emploie le même procédé. Et soudain, le disque, brillant, s’assombrit et se termine sur une mauvaise comptine simpliste : «1, 2, let me love you 3, 4, love you more. 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12…» Dommage, parce qu’il y a des bijoux sur Free Dimensional! On ira quand même voir ça en live jeudi à la Sala Rossa.
– Natalia Wysocka

Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

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