Culture

Jo pour Jonathan: Si j'avais un char…

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Maxime Giroux a toujours été fasciné par l’importance qu’a la voiture dans la société. «On se définit par notre voiture, si elle est belle, si elle est vieille, ou si on se promène en vélo; c’est là-dessus que se bâtit notre identité, croit-il. C’est de là qu’est partie l’idée de Jo pour Jonathan.»

Pour ce film, Maxime Giroux et son co-scénariste, Alexandre Laferrière, ont imaginé l’histoire de Jo, adolescent coincé dans une banlieue déprimante et vivant dans l’ombre de son grand frère. Quand le jeune homme décide de participer à une course de voitures illégale et de s’enfuir sans payer le gagnant, des conséquen­ces tragiques s’ensuivent.

Avec ce film, les deux jeunes hommes espéraient d’ailleurs dénoncer une réalité trop fréquente, à leur avis. «Notre personnage a quand même une profondeur, une poésie en lui, mais des barrières le retiennent», croit Laferrière. «S’il avait grandi dans un milieu plus stimulant, Jo serait certainement plus curieux, ajoute Giroux. C’est un peu le reproche que j’ai à faire à la société, le fait qu’on stimule très peu les citoyens. Ce n’est pas que les gens ne sont pas intelligents, c’est plus qu’ils n’ont souvent pas les outils pour aller plus loin…»

Comme dans le premier film écrit par le duo, ce second long métrage mise sur une approche très éloignée du «cinéma-spectacle». C’est pour cette raison que Maxime Giroux a jeté son dévolu sur des comédiens peu connus. «J’aime tourner avec des acteurs que le public n’associe à rien, affirme le réalisateur. On est avec Jo, on n’est pas avec, disons, Guillaume Lemay-Thivierge qui offre une performance écÅ“urante dans le rôle de Jo.»

Dans le même ordre d’idées, le duo ne voulait pas miser sur les effets spéciaux pour présenter l’accident de voiture. «Tout ce qui tombait plus du côté du spectacle, on a choisi de ne pas le montrer, explique Alexandre Laferrière. Mais la suggestion, c’est encore plus fort; alors ça fait la job!»

Quel sous-financement?
Bien qu’il ait tourné Jo pour Jonathan avec un budget de moins de 100 000 $, Maxime Giroux ne se plaint pas  du manque de financement avec lequel doit composer le cinéma québécois. «Même si j’avais eu plus d’argent, l’économie de moyens, c’est la façon la plus efficace de faire des films, selon moi», dit-il. «Ça suscite des contrain­tes qui obligent à penser son film différemment», renchérit Alexandre Laferrière.

«Je suis tanné d’entendre des producteurs québé­ois dire qu’ils manquent d’argent, alors qu’ils font des films de 6 M$, ajoute le réalisateur. C’est irresponsable de leur part de dire ça. On vit dans une société où il manque d’argent. On a une responsabilité sociale.»

Articles récents du même sujet

Exit mobile version