TVA commence 2012 avec le nouveau téléroman O’, mettant en vedette une
distribution des plus solides, Guy Nadon en tête. Difficile de ne pas penser à la défunte série américaine Brothers and Sisters en regardant les premiers épisodes de O’. Cinq enfants maintenant adultes, un père à la tête d’un empire familial prospère – une compagnie d’eau embouteillée dans ce cas-ci –, des secrets et des scandales qui menacent d’éclater au grand jour…
Et un téléroman sur le thème de la famille, c’est précisément ce qu’avaient en tête les créateurs de O’. «L’univers du téléroman, c’est familial, rappelle la productrice Sophie Deschênes. L’idée, ici, était de ramener la proposition, de centrer l’action autour d’une seule famille.»
L’histoire, écrite par José Fréchette, Sylvain Charbonneau et Anita Rowan d’après une idée originale de Bernard Chassé, s’articule donc autour des O’Hara, famille montréalaise bien nantie. On rencontre celle-ci le jour de la traditionnelle photo de famille, alors que le patriarche, Samuel (Guy Nadon), apprend que son frère (Michel Daigle) a été impliqué dans un grave accident de voiture. On apprendra en filigrane, au fil de flash-back, que les deux frères étaient en froid depuis 25 ans. La raison? On l’ignore, mais on se doute fort que Jacqueline (Marie Tifo), la femme de Samuel, n’est pas étrangère au conflit.
Les premiers épisodes nous font également connaître les enfants O’Hara. Il y a Charles (Stéphane Demers), le «baveux» ambitieux aux tendances alcooliques; Kathleen (Maxim Roy), la workaholic dont les valeurs entreront vite en conflit avec son travail; Philippe (Louis-David Morasse), le fils modèle, chouchou de Jacqueline; Louisa (Marilyse Bourke), la bourgeoise glamour qui s’intéresse plus à l’argent qu’aux affaires, et Gloria (Geneviève Boivin-Roussy), le bébé de la famille, artiste-peintre en rébellion contre les siens.
«Ce qui est intéressant, c’est que c’est une famille où l’amour règne, observe le réalisateur, Éric Tessier, lequel signe ici son premier téléroman. C’est plus subtil qu’une série de conflits incessants. Et les textes sont tellement forts, ils semblent écrits pour l’image. Beaucoup de choses passent par les non-dits, le non-verbal.»
Ironiquement, on s’est toutefois passé la réflexion à plus d’une reprise que certains dialogues auraient gagné à être éliminés au profit du non-verbal. On pense entre autres à cette scène entre Louisa et son amoureux plus vieux qu’elle (Ron Lea) à propos d’une remarque que ce dernier a faite sur la plus jeune sœur O’Hara: «Franchement, tu pourrais être son père!» «Je pourrais être TON père.» «Mais tu n’es pas mon père.» Oui, on avait compris…
Des dialogues inégaux, qui versent parfois dans le cliché ou dans le mielleux, sont d’ailleurs le principal point faible de la série, autrement bien construite. D’abord, la réalisation léchée et efficace d’Éric Tessier a capté notre attention – fait intéressant, contrairement à l’usage, le téléroman est tourné dans une ancienne banque reconvertie où sont situés les bureaux de l’entreprise des O’Hara, Agua, plutôt que dans un studio.
La principale qualité de la série, néanmoins, demeure les comédiens talentueux qui composent la famille O’Hara. Évidemment, on savait d’emblée que les Guy Nadon et Stéphane Demers, fidèles à leur habitude, livreraient une performance irréprochable – et c’est bien sûr le cas. Mais on est aussi fort agréablement surpris par la nouvelle venue Geneviève Boivin-Roussy, artiste-peintre à l’instar de son personnage, qu’on avait déjà remarquée dans le film La run et qui continue d’épater par sa crédibilité.
La première saison de O’ sera composée de 10 épisodes hebdomadaires d’une heure chacun.
O’
À TVA, le mardi à 20h
Dès le 24 janvier