lang="fr-FR" > Valeria Bruni-Tedeschi: sa vie, son œuvre, ses démons
Culture

Valeria Bruni-Tedeschi: sa vie, son œuvre, ses démons

Actrice et réalisatrice au parcours atypique, Valeria Bruni-Tedeschi se raconte en creux dans son nouveau film, Un château en Italie.

«Quand j’étais petite, je rêvais d’être une fille comme les autres.» Quatre décennies plus tard, l’actrice et réalisatrice Valeria Bruni-Tedeschi a préservé la normalité qu’elle s’est échinée à construire. En témoignent sa simplicité, sa générosité et les nombreux sourires ponctuant ses réponses.

Née à Turin en 1964, elle rejoint la France à l’âge de neuf ans avec sa famille. C’est à Paris, sa «terre d’accueil», qu’elle suit des cours de théâtre et entame sa carrière. Au fil des ans, elle croise la route de Bertrand Blier, Claude Chabrol, François Ozon ou Claire Denis, avec ce désir constant de «trouver une cohérence propre» aux personnages qu’elle incarne.

En 2002, elle passe enfin derrière la caméra avec Il est plus facile pour un chameau et récidive cinq ans plus tard avec Actrices. «Je parle mieux des choses que je connais, confie-t-elle avec cette voix sensuelle que chérissait Patrice Chéreau. Tous les person­nages que j’interprète sont complètement moi.»

À l’instar de Louise, l’héroïne d’Un château en Italie, son troisième long métrage.

Dans ce drame relatant le parcours d’une famille de la bourgeoisie italienne, la réalité flirte avec la fiction. Et si le cinéma était le meilleur moyen d’exorciser ses peurs? «Je ne me sens pas plus soignée aujourd’hui qu’avant d’avoir fait le film, prévient-elle. Ce qui m’aide, c’est de travailler dans un métier qui offre une incroyable liberté. Une des raisons pour laquelle je réalise des films, c’est pour filmer ma mère [Marisa Borini, présente dans la distribution]. Je crois que c’est la première fois que je le dis.»

Comme à son habitude, Valeria Bruni-Tedeschi aborde avec cette nouvelle réalisation des sujets comme l’amour «qui sauve de l’enlisement», la peur de vieillir ou le rapport à l’argent. Elevée dans une famille très aisée, elle aime rappeler que l’homme «a le droit d’être malheureux, qu’il soit riche ou pas». Elle poursuit d’un ton calme : «Les soucis existentiels et la peur de la mort sont présents de manière plus angoissante quand on n’a pas d’autres problèmes.»

La vie avec des enfants
Consciente d’être «fatiguée» d’affronter au quotidien ses nombreuses «guerres intérieures», Valeria trouve son équilibre auprès de sa fille Céline, adoptée en 2009 alors qu’elle était encore en couple avec Louis Garrel, qui tient également un rôle dans Un château en Italie.

«La vie est plus gaie avec des enfants, soutient-elle, des étoiles plein les yeux. Me réveiller gaie et m’endormir sereine, c’est ce que je recherche.»

N’en déplaise aux amateurs de raccourcis, Valeria Bruni-Tedeschi n’est pas simplement la grande sœur de Carla Bruni et la belle-sœur de Nicolas Sarkozy. C’est un électron précieusement libre qui enchante par son talent le cinéma français.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=BLwDDEw-Sxw&w=640&h=360]
Un château en Italie
En salle dès vendredi

Articles récents du même sujet

Exit mobile version