MONTRÉAL – Quand il pense à son ami Serge Grenier, son ancien collègue des Cyniques Marc Laurendeau se souvient d’un homme ayant «à la fois un air angélique et un oeil malicieux».
«Je le vois encore!», a-t-il lancé avec émotion, lundi matin, en entrevue à La Presse Canadienne.
Serge Grenier est décédé vendredi, à l’âge de 73 ans. La cause de son décès n’est pas connue, mais selon diverses sources, il aurait rendu l’âme après une courte et fulgurante maladie.
Marc Laurendeau a côtoyé l’humoriste et scénariste pendant de nombreuses années, d’abord au sein des Cyniques. Le groupe, formé en 1961 et dont faisaient également partie André Dubois et le regretté Marcel Saint-Germain, a fait les beaux jours de l’humour québécois en s’attaquant notamment, avec un humour cinglant, aux politiciens et au clergé.
«C’était un observateur de la société, en général, s’est souvenu M. Laurendeau. Il se moquait de nos petits travers. Il y avait un côté sociologue chez Serge.»
«Et sur scène, ceux qui s’en souviennent, il était imperturbable, a-t-il ajouté. Pas de grand déploiement, tout en retenue. Il obtenait un maximum d’efficacité avec une économie de moyens. Avec un petit sourire et sans trop bouger, il lançait de véritables bombes.»
Les membres des Cyniques ont choisi de prendre des chemins différents en 1972, mais Serge Grenier n’a jamais cessé de faire de l’humour, ce qui n’a aucunement surpris ses collègues. «Pour lui, c’était entendu qu’il continuerait dans l’humour», a évoqué M. Laurendeau.
C’est donc ce qu’il a fait. La carrière d’humoriste de Serge Grenier s’est prolongée pendant de nombreuses années, notamment grâce à des présences régulières à l’émission «Piment Fort», animée par Normand Brathwaite au réseau TVA, entre 1993 et 2001.
«Serge Grenier a été mon mentor pour ‘Piment Fort’! Je l’avais perdu de vue, maintenant c’est clair, je ne le reverrai plus», a notamment écrit Dany Turcotte, sur son compte Twitter.
On a également pu voir Serge Grenier dans les Parlementeries, une satire des débats politiques tels qu’on les connaît à l’Assemblée nationale et au Parlement, lancée au milieu des années 1990 et reprise il y a quelques années.
Serge Grenier a aussi été l’animateur du premier Gala Juste pour rire, en 1983.
À l’annonce de la mort de l’humoriste, dimanche, les responsables du fameux festival québécois ont reconnu l’importante contribution de M. Grenier à la renommée de leur événement.
«Il y a 30 ans, Serge Grenier a donné une crédibilité à un jeune festival qui commençait. Merci Serge», ont-ils témoigné.
De nombreuses personnalités ont quant à eux utilisé les médias sociaux pour rendre hommage au disparu.
«J’ai connu Serge Grenier à CROC. Son oeil vif, son esprit caustique et sa grande culture furent un exemple», a noté M. Laporte sur Twitter.
Sur le même site, André Ducharme, un des membres du groupe Rock et Belles Oreilles, a lui aussi tenu à rendre hommage à l’ancien Cynique, avec lequel il a travaillé pendant trois ans. «Serge Grenier a été le premier à avoir parlé de RBO dans les médias. Merci Serge.»
Yves Pelletier, un collègue d’André Ducharme, s’est lui aussi servi de son compte Twitter pour honorer la mémoire de Serge Grenier. «Ce soir, je t’imagine me décrivant le combat Trudeau-Brazeau. Ou l’agenda de l’archevêque Lépine.»