Dimanche au Club Soda, on s’attendait à une rencontre au sommet du country folk, pour la soirée mettant en vedette Vincent Vallières et Éric Goulet. On a plutôt eu droit à une soirée éclectique des plus sympathiques.
Moustache en fer à cheval, chemise noire à motifs rouges, guitare et harmonica pour seules armes, l’ex Possession simple, Chien, Monsieur Mono et désormais porte-flambeau du country magnifié Éric Goulet a revisité ses diverses personnalités en une maigre demi-heure. Réalisateur sollicité de toutes parts, notamment par Vallières (Le repère tranquille) pour qui il ouvrait la soirée, notre trop méconnu prince de l’underground a offert une prestation à la hauteur de son talent, mais quelque peu décevante en raison de son dépouillement. Surtout pour les accros à ses disques, dont le dernier, aux arrangements aussi superbes que charnus.
Ce «psycho-mélancolo-sympathico-déprimé» nous a toutefois laissés avec une pièce de Vol. 1 sur laquelle il se la joue cowboy des villes avec une maestria réjouissante. «Je suis un éternel optimiste et je ferai les chansons de l’album avec les Chevals de feu dans la section réservée à la relève sur la scène Desjardins (Les Espoirs) samedi prochain», a lancé celui qui roule sa bosse dans tous les saloons depuis plus de 20 ans.
En deuxième partie du spectacle, c’est un Vallières souriant qui s’est placé à la gauche de la scène en compagnie de son… straight man André Papanicolaou, alias Bizness Dre, qui, lui, occupait le flanc droit, tandis qu’une section de trois cuivres (trombone à coulisse, trompette et cor français) se dressait derrière.
Assis devant un pedal drum, guitare entre les mains et micro devant lui pour les chœurs, Papanicolaou devint entre les pièces la tête de Turc du maître chanteur à chemise à carreaux orangée, mais c’est pour mieux nous montrer de quel bois il se chauffe à la guitare, notamment pendant la version psychédélique du succès Café Lézard.
Ce duo très soudé et qui maîtrise parfaitement ses effets conclut une tournée d’un an l’ayant mené «au bout de la route, à Natashquan» et dont les anecdotes de voyage bien senties auront fait rire la salle comble. On a quitté avant le rappel et son incontournable On va s’aimer encore. Parions que ce titre est prémonitoire et qu’il qualifie la relation qu’entretiendra longtemps Vincent Vallières avec le public québécois.
