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France Beaudoin a quitté sa région natale pour étudier les communications

Propos recueillis par Jennifer Guthrie

France Beaudoin occupe une place de choix dans le paysage télévisuel québécois depuis plusieurs années déjà. Mais il s’en est fallu de peu pour que l’animatrice ne plonge pas dans l’univers des médias. Desti­née à une carrière qui ne l’intéressait pas, France Beaudoin a finalement décidé, à 16 ans, d’écouter son cÅ“ur et de quitter le nid familial pour voir de quoi sa vie pourrait être faite.

Plusieurs années plus tard, l’animatrice et mère de famille considère toujours ce départ comme un moment déterminant de sa vie.

Vous avez grandi à Disraeli. Que représentait pour vous l’idée d’aller étudier loin de la maison?

Mon père avait une épicerie, alors quand est venu le temps de faire mon choix de carrière, tout le monde à la maison tenait pour acquis que je lui succéderais. Je me suis donc inscrite au cégep de la région de Thetford Mines dans cette optique-là.

Quand j’ai reçu la lettre qui me disait que j’avais été acceptée, j’ai pleuré. J’ai dit à ma mère que je ne voulais pas y aller. Elle m’a dit que rien ne m’y forçait.

Je me suis donc mise à regarder les cours pour lesquels j’avais les préalables. Je suis tombée sur l’ATM (Art et technologie des médias), que je ne connaissais pas du tout parce que je n’avais jamais songé à devenir journaliste. La période d’inscription était déjà terminée, mais la liste d’attente n’était pas trop longue. Finalement, j’ai eu un appel la veille de la rentrée pour me dire que j’étais acceptée. En 24 heures, j’ai ramassé mes affaires, fait mes bagages et je suis partie pour Jonquière.

La décision a-t-elle été difficile à prendre?

Non, j’étais tellement mûre pour ça! Il fallait que mes parents me laissent aller. Ils n’auraient pas pu m’attacher. C’était clairement ce qu’il me fallait. Mon père trouvait que j’étais trop jeune. Je n’avais que 16 ans quand je suis partie. Mais j’étais prête.

Si vous aviez eu le choix, seriez-vous partie?

Le fait de partir était aussi important pour moi que le cours lui-même. Ce n’était pas une rébellion, je n’étais pas en guerre contre mes parents, mais le temps était venu de partir. Quand je suis arrivée à Jonquière, j’ai constaté que tout le monde ou presque venait de l’extérieur. On était tous obligés de recréer des liens. On partait avec le meter à zéro. Là-bas, personne ne me connaissait, contrairement à Disraeli. Il n’y avait pas de préjugés, pas d’étiquettes. Consciemment, je me suis sentie libérée.

Y avait-il des désavantages à être loin de la maison?

Être loin, pour moi, n’a eu que des avantages. Je ne me suis jamais sentie trop loin parce que je pouvais revenir à la maison chaque fin de semaine. Partir m’a donné un sentiment de liberté, d’accomplissement, d’autonomie et de prise en charge.

Quand on est trop couvé, c’est impossible de savoir ce qu’on peut faire par soi-même. Je ne suis jamais revenue m’installer à la maison après et je n’y ai même jamais pensé. Mon départ a immédiatement suscité une autonomie. Je me suis dit : «Let’s go, c’est ta vie, fais ce que tu veux.» Je crois fermement que si tu n’essaies pas, tu ne peux pas savoir ce dont tu es capable.

Cette décision a-t-elle influencé votre parcours?

Oui! Encore aujourd’hui, je me laisse le choix de partir, de changer de maison, de changer de job.  

En tant que mère, serez-vous capable de laisser partir vos enfants?

Je pense qu’il n’y a rien de plus beau que d’être capable de les laisser aller. J’ai beaucoup de mal à voir des jeunes qui ne partent pas de la maison pour d’autres raisons que le fait que ça ne leur tente pas. Partir, c’est une expérience tellement plus grande que l’école!

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