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Déterrer le savoir

Journal Forum de L'université de Montréal

Fondée il y a 30 ans, l’École de fouilles de l’Université de Montréal est la plus ancienne du Québec.

«L’École a été fondée en 1977 par Normand Clermont, qui avait reçu le mandat d’élaborer un programme d’archéologie préhistorique, explique Pierre Corbeil, responsable du Laboratoire de l’École depuis 1985. L’École a été inactive en 1980 et 1984 parce que le programme de l’époque prévoyait trois années de terrain et une année d’analyse. À partir de 1985, la présence des étudiants sur le terrain a été maintenue annuellement.»

Pendant ses 22 premières années, l’École a établi ses pénates à la Pointe-du-Buisson, située à l’embouchure du lac Saint-Louis, à Beauharnois. Le site s’est avéré une véritable mine d’or?: les quelque 220 étudiants qui y ont fait leurs premières armes ont tiré du sol plus de deux millions d’artefacts! Grattoirs, poin­tes de flèches, pièces de poterie, hameçons, perles de colliers, restes de nourriture, os de gibier et arêtes de poissons, éclats de pierre, tout objet aussi petit soit-il, devient un indice sur le mode de vie des occupants du lieu. Et seulement 20 % du site a été fouillé.

«La collection de la Pointe-du-Buisson constitue la plus grande collection archéologique du Québec, affirme Pierre Corbeil. Dans une seule fosse de 3 m3, un étudiant a mis au jour pas moins de 28 000 os, morceaux de poterie et objets de pierre!»

Tous ces objets ont permis de retracer les 5 000 ans d’occupation du site et, par le fait même, de recueillir de précieux renseignements sur la vie des ancêtres des Iroquoiens de la vallée du Saint-Laurent. Avant l’exhumation de cet imposant matériel, seule la tradition orale permettait d’avoir une idée de ce qu’avait été la vie de ces peuples disparus.

Découvertes des Méganticois

En 2001, l’École de fouilles préhistoriques a abandonné la Pointe-du-Buisson parce qu’il fallait documenter d’autres périodes d’occupation. L’emplacement qui a été retenu et qui reçoit les futurs archéologues depuis sept ans se trouve sur les rives du lac aux Araignées, tout près du lac Mégantic. Le professeur Claude Chapdelaine, le premier à avoir fait un doctorat en archéologie préhistorique québécoise, a alors pris la relève.

Dès la première année, le nouveau site a dépassé les attentes en livrant une abondance d’outils et d’armes inégalée, même à la Pointe-du-Buisson. «La pierre utilisée était de la rhyolite, une roche volcanique qui provient du Maine et du New Hampshire, précise Pierre Corbeil. Cette information nous révèle que les occupants étaient en lien avec les tribus établies plus au sud.»

Sept aires de fouilles ont été ouvertes, correspondant à diverses périodes d’occupation. Les éléments d’information tirés de ces travaux permettront de relier l’histoire de l’occupation du Québec à celle du nord-est des États-Unis. C’est d’ailleurs sur ce site, occupé par des chasseurs de caribous, que les plus vieux indices d’occupation humaine au Québec ont été retrouvés, notamment une demi-douzaine de pointes de flèches à cannelures, de tradition Clovis, remontant à 12 500 ans.

Un ouvrage collectif dirigé par Claude Chapdelaine et lancé récemment, Entre lacs et montagnes au Mégan­ticois, fait la synthèse des connaissances actuelles sur cette région.

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