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Formation et emplois

Un jeune travailleur humanitaire témoigne

Olivier Bourgault a passé 10 semaines à Debre Sina, en Éthiopie, où il s’est impliqué auprès de la communauté. Tout en enseignant l’anglais et le français, il a discuté de problèmes quotidiens et de justice sociale. Son séjour avait lieu dans le cadre d’un programme d’aide humanitaire de Youth Challenge International. Il partage son expérience avec Métro.

Ma participation à un programme d’aide hu­manitaire en Éthiopie a été  une occasion de voyager et d’acquérir de l’expérience dans le domaine de l’enseignement. Encore aujour­­d’hui, je ne suis pas tout à fait certain de l’émotion qui se démarque le plus quand je repense à ces 10 semaines passées dans ce pays. 

Les défis ont été nombreux?: la langue et l’horaire de travail, qui étaient hors de mon contrôle; mon état de santé, qui constituait un souci constant, mais surmontable. C’est en faisant la rétrospection de ces facteurs et de très nombreux autres que je constate que j’ai probablement manqué de soutien, d’énergie et de ressources, mais j’ai mené chaque activité de mon mieux, en mettant à profit l’ensemble de mes capacités et de mes connaissances. 

La différence et l’ouverture
Si apporter un changement visible et durable en si peu de temps avait été le but de ce projet, je nourrirais une tonne de regrets et je tenterais de me disculper en jetant le blâme çà et là. Il existe, entre l’Éthiopie et notre pays, de nombreuses différences humaines et culturelles qui ont créé quelques barrières, mais qui m’ont aussi ouvert d’innombrables por­tes.

J’ai réussi à discuter des sujets les plus sérieux avec des dizaines de jeunes tout en m’amusant avec eux, sans trop me soucier du langage à utiliser. J’ai mangé et bu du café en présence de familles rassemblées dans les traditions les plus pures. J’ai enseigné le français et l’anglais chaque jour à des gens de tout âge qui ont fait preuve d’une assiduité et d’un respect exemplaires.

Je me suis intégré à une communauté où les besoins étaient nombreux, mais où
la présence de volontaires étrangers n’était pas essentielle, et où il a fallu prendre des initiatives, avec les ris­ques qu’elles comportaient.

Le professeur nomade
formation. Enseigner en voyageant ne permet peut-être pas de voir les résultats concrets de nos efforts, mais c’est une façon de rapprocher les différentes réalités de notre monde.

Tous les jeunes ont besoin de modèles, et le simple fait d’aller les rencontrer leur ouvre une grande et belle fenêtre sur le monde.

Mezrasha Kibret se promène actuellement de village en village pour enseigner la littératie grâce à une bibliothèque mobile tirée par un âne. Les meilleures idées peuvent être très simples. L’éducation est la clé pour résoudre plusieurs problèmes, mais demande un engagement et une planification à long terme.

Je suis en ce moment sous le choc d’une loi qui vient d’être adoptée en Éthiopie et qui interdit aux organisations non gouvernementales (ONG) subventionnées à plus de 10 % par des pays étrangers – c’est-à-dire la presque totalité d’entre elles – d’intervenir dans l’avancement des droits humains et de la démocratie, la promotion de l’égalité entre les peuples, les sexes et les religions, les droits des enfants et des gens ayant un handicap ou une déficience quelcon­que, la résolution de conflit et finalement tout ce qui entoure la justice criminelle.

Des défis
Mon séjour à Debre Sina a comporté plusieurs défis, mais aussi certaines satisfactions. En effet, j’ai réussi à intéresser les jeunes de la ville à des sujets aussi variés que les droits humains, les droits de la femme, les droits de l’enfant, l’égalité et l’équité entre les sexes, la justice sociale et la résolution de conflit.

Autre sujet fort apprécié des jeunes, le VIH/sida, qui n’est heureusement pas ciblé par la nouvelle loi, mais qui fait encore à ce jour l’objet de nombreux préjugés et de fausses idées quant à sa transmission et aux mé­thodes pour le soigner.

Je n’oublierai jamais le témoignage d’une de mes étudiantes d’anglais, dont les parents sont morts du sida, qui a dû prendre sa famille en charge. Elle m’a raconté pleurer chaque soir et espérer en finir avec cette vie où elle sent la persécution constante des gens qu’elle côtoie parce qu’elle ose parler ouvertement de sa situation.

Son horaire faisait en sorte qu’elle ne pouvait assister au début d’aucun de mes cours, mais elle s’y présentait quand même quotidiennement pour y trouver un minimum de réconfort.

Son histoire ressemble à celle de beaucoup d’autres enfants – et adultes – qui choisissent, de leur côté, de souffrir en silence.

Formation adaptée
Toute cette expérience n’aurait pas obtenu le même succès sans la formation offerte par YCI (Youth Challenge International). YCI est un organisme qui tente de conscientiser la jeunesse canadienne en lui donnant l’opportunité de travailler auprès de la jeunesse d’une communauté outre-mer.

Au cours des quatre jours de formation, les autres participants et moi avons assisté à des ateliers animés par des spécialistes et des employés de YCI, nous avons rencontré d’anciens participants et des gens des communautés où nous allions travailler et nous avons appris quelques bases de la langue avec laquelle nous devions nous familiariser. Chaque activité s’est avérée pertinente et a beaucoup élevé le niveau de confiance de chacun en plus de nous permettre de commencer à se connaître et à créer des liens avec les autres.

Pour revivre le périple d’Olivier Bourgault :
oligoestoafrica.blogspot.com

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