«La récession est finie! L’économie prend du mieux!» Cet état de fait, répété ad nauseam par le gouvernement, pourrait signifier une amélioration du marché de l’emploi. Mais qu’en est-il exactement? Est-il réellement plus facile de trouver du travail?
«Nous vivons un excellent début d’année et nous assistons à une forte reprise du marché de l’emploi», affirme sans ambages Marc-Étienne Julien, vice-président exécutif chez Randstad Canada. Prenant exemple sur la création de 6 200 postes en janvier 2010, M. Julien précise que la situation se stabilise.
L’indice Jobboom pour le Québec, qui évalue l’état du marché de l’emploi dans la province, a progressé de près de trois points pour dépasser les 51 %, signe d’une situation «passable». Enfin, chez Statistique Canada, on indique que, de novembre 2009 à décembre de la même année, près de 5 000 bénéficiaires de l’assurance-emploi ont mis fin à leurs prestations, sans doute après avoir trouvé un emploi.
Cependant, on est encore loin du retour à la normale. «Les chercheurs d’emploi font face à la réalité des contractuels, ce qui implique des contrats à terme et une baisse des avantages sociaux», explique Geneviève Ferlatte, de chez Adecco. Ce postulat est également soutenu par Marc-Étienne Julien. Ce dernier s’empresse d’ailleurs d’ajouter que cette situation est «propice à la découverte de nouveaux milieux de travail, et une occasion d’apprentissage».
Répercussions
La crise a bien entendu mené à une hausse des candidats pour un nombre de postes parfois réduit; cela a affecté les agences de placement grand public, mais également les services spécialisés. Selon Martin Prévost, coordonnateur pour le programme À l’emploi!, un service aidant les personnes atteintes de troubles envahissants du développement (TED) sur le marché du travail, «ce sont les entreprises qui font défaut. La main-d’Å“uvre disponible est plus importante qu’avant la crise, et les employeurs ont davantage de choix.»