«Les employés qui ne sont pas mobilisés peuvent coûter, en moyenne, une à deux heures de productivité par jour et par employé. Alors, financièrement, cela a un impact sur l’entreprise», fait remarquer Marie Pinsonneault, associée principale chez Hewitt, en citant les dernières statistiques de la firme. Cette société d’experts-conseils en gestion et en impartition des ressources humaines réalise, depuis plus de 10 ans, une étude pancanadienne : le palmarès des Employeurs de choix au Canada.
Pour Mme Pinsonneault, les actions de mobilisation sont essentielles, principalement en période de crise économique, afin de satisfaire, de retenir les employés, et par ricochet d’augmenter la performance d’une entreprise. «Il a été démontré que, lors de la récession de 2009, les employeurs qui se sont maintenus dans le palmarès ont continué à bien faire les choses, note Marie Pinsonneault. Il y a un rapport direct entre la mobilisation et les résultats d’affaires.»
Diagnostic
Il serait illusoire de penser à des recettes miracle en matière de mobilisation, préviennent les spécialistes. L’important, selon eux, est de réaliser un diagnostic grâce à une enquête de mobilisation. Car, «d’une entreprise à l’autre, les actions ne sont pas les mêmes, parce que les enjeux ne sont pas les mêmes», explique Marie Pinsonneault. Entre la reconnaissance, le développement de talent, les opportunités de carrière, les salaires et avantages sociaux, les choix d’actions possibles sont variés. «Il n’y a pas de recettes miracle, corrobore Suzane Dubreuil, gestionnaire et consultante en ressources humaines. C’est une question de communications, autant pour les employeurs que pour les employés.»
Pool de talents
Un taux élevé de roulement dans une entreprise n’est pas bon signe, selon les spécialistes de chez Hewitt, car, «il y a un coût énorme en même temps pour l’acquisition de nouveaux talents». Il importe, disent-ils, de créer un pool d’employés talentueux au sein de l’entreprise. «Si on n’est pas capable de mobiliser son personnel et de le garder, on ne sera pas capable de développer de nouveaux talents», insiste Mme Pinsonneault. Selon elle, certains employeurs ont tendance à réduire, à tort, leur personnel en période de disette. Et une fois la crise passée, ils vont courir après des talents, ce qui a généralement un coût.
Heureusement, la directrice de développement des affaires du bureau de Hewitt pour Montréal et l’est du Canada affirme que de plus en plus d’entreprises mettent en place des actions de mobilisation. Pour l’exercice 2010, Hewitt & Associés a enregistré une hausse du taux de mobilisation: celui-ci est passé de 76 % à 80 %. Une douzaine d’entreprises québécoises figuraient dans le dernier palmarès. Les résultats de celui établi pour 2011 seront connus au début du mois de novembre prochain, et «la tendance est bonne», d’après la société d’experts-conseils.
Outre le manque de productivité, l’absence de mobilisation au sein d’une entreprise peut avoir un effet négatif sur la qualité du service à la clientèle. «Cela entraîne des services de moindre importance», prévient la spécialiste en ressources humaines.