Formation et emplois

Supercompositeur de bandes sonores de jeux vidéos

Qu’on soit un amateur ou non de Super Mario, on connaît tous sa ritournelle. Un ver d’oreille connu autant des gamers que de monsieur et madame Tout-le-Monde.

«On compose de plus en plus dans l’optique de faire des musiques qui peuvent vivre indépendamment du jeu, qui peuvent plaire aux gens qui ne connaissent rien aux jeux vidéo», explique Éric Vigneault, compositeur et enseignant au Collège de Drummondville. «Et on y arrive, puis­que dans plusieurs pays les ventes de CD de musique tirée de jeux vidéo dépassent celles des bandes sonores de films»,  ajoute Maxime Goulet, compositeur pour Gameloft.

On est donc bien loin des airs naïfs et répétitifs de Pac-Man. «À l’origine ce n’était qu’une musique d’accom­pagnement adaptée d’airs populaires et classiques. Koji Kondo, le créateur musical de Super Mario, et d’autres l’ont transformée en lui demandant davantage, en lui faisant jouer un rôle semblable à celui de la musique de film.

Avec le résultat qu’on engage maintenant de véritables compositeurs», souligne Mathieu Lavoie, compositeur qui donne un cours sur la composition de musique de jeux vidéo à l’Université de Montréal. 

Comme dans un film, la musique doit s’ajuster à l’action, ajouter de l’émotion, du dynamisme. Mais en plus, elle doit être inte­ractive. «Comme l’histoire se modifie au gré des choix du joueur, la musique doit s’adapter. Nous devons donc composer plusieurs variations de nos musiques selon les différentes possibilités», indique Maxime Goulet.

«La musique doit aussi être efficace et discrète, elle ne doit pas énerver le joueur», précise M. Vigneault  Une préci­sion importante, puis­que plusieurs consoles offrent la possibilité de faire disparaître la piste musicale. «Cette possibilité existe, mais je ne crois pas qu’elle guide les choix des compositeurs», rétorque Mathieu Vachon, compositeur et directeur audio pour Gameloft.

Mais le plus grand défi du compositeur reste sans doute le registre des genres musicaux utilisés. «Nous devons composer des musi­ques en fonction des jeux, ce qui veut dire qu’on doit maîtriser plusieurs styles, que ce soit la musique orchestrale, la musi­que intimiste, le rock, la pop, la musique médiévale, etc. Et on travaille souvent dans des délais très serrés», insiste Nicolas Marquis, compositeur pour Wave Generation.

Fausses notes
La concurrence améri­caine est féroce. Les multinationales du jeu engagent souvent des compositeurs hollywoodiens de renom – un argument de vente pour les jeux – ou des composi­teurs pigis­tes en leur demandant de renoncer à leurs droits d’auteur, en échan­ge d’une meilleure rétribution pour les chansons composées.

Salaire flou
Com­me les compositeurs de musique de jeux vidéo sont des travailleurs autonomes, il est très difficile de savoir le salaire de base. Quant aux composi­teurs en résidence, les contrats les empêchent de dévoiler leur salaire.

Régime de travail

S’il existe des composi­teurs rattachés à des boîtes de production de jeux vidéo, la majorité de ces artistes sont pigistes et doivent travailler pour plusieurs clients et à plusieurs projets en même temps. Il est donc important, selon Éric Vigneault, de participer aux grand-messes du jeu vidéo pour se faire des contacts :

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