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Bien s'orienter : mission possible

Face à la multitude des choix de carrière proposés aujourd’hui, les jeu­nes peuvent parfois se sentir perdus. Surtout lorsque l’éc­ole les pousse à faire leur choix aussi tôt qu’à 16 ans.

«On estime qu’environ le tiers des jeunes changent de voie au collégial, et 30 % à l’université», affirme Isabelle Falardeau, conseillère d’orien­tation au collège Maisonneuve. Dans son bureau, pas une journée ne passe sans qu’elle reçoive des jeunes découragés ou stressés face aux choix à faire. Elle a d’ailleurs écrit un livre, S’orienter malgré l’indécision, pour leur donner quel­ques conseils.

«Souvent, les étudiants sont très anxieux, car ils n’arrivent pas à définir la place qu’ils veulent occuper dans la société, constate-t-elle. Mais qu’ils se rassurent : il est  possible de s’orienter même lorsqu’on est indécis.»

Même si une courte pé­riode de doute peut parfois être bénéfique pour prendre du recul, les jeunes ne doivent pas hésiter à tirer profit de ce moment pour s’informer. «Souvent, l’indécision provient d’une mauvaise connaissance de soi-même ou des program­mes d’é­tudes proposés, analyse Mme Falardeau. Certains jeunes ne savent pas quels métiers ils peuvent faire à l’issue de leur formation. D’autres ne savent plus comment prendre une bonne décision.»

La première étape serait donc de vous donner du temps pour identifier ce qui vous allume. «Il peut être intéressant de noter votre intérêt pour des matières scolaires, des loisirs ou des tâches de travail sur une échelle de 1 à 10», explique Amélie Gendron, conseillère d’orientation à la firme Brisson Legris. Les résultats peuvent ensuite être comparés à vos performances. «Cette analyse est importante, car on peut posséder des aptitudes dans un domaine sans pour autant avoir d’intérêt pour celui-ci, et vice-versa», souligne Mme Gendron.

Il n’est jamais trop tôt pour commencer à faire ses premières expéri­ences. «Dès le primaire, les enfants développent des intérêts dans  plu­sieurs domaines, affirme  Isabelle Falardeau. Il faut que leurs parents leur donnent l’occasion de pratiquer plusieurs activités pour voir ce qui leur plaît.» Même principe pour les adolescents ayant un job d’été ou multipliant les stages. «Certains étudiants font leur stage en soins infirmiers et s’aperçoivent dès leur entrée à l’hôpital que ce ne sera pas un milieu pour eux», ajoute Mme Falardeau.

Car le but ultime est bien d’identifier un secteur d’activité où l’on aimerait travailler, «et non de faire un choix définitif de métier», rappelle Amélie Gendron. Pour cela, elle a même une petite astuce : rassembler dans une boîte à souvenirs tous les éléments qui peuvent sembler importants dans son parcours.

Le programme d’une pièce de théâtre dans laquelle vous avez joué, par exemple. «C’est l’occasion d’identifier une trame de fond dans votre vie, des transitions ou des intérêts qui perdurent», précise Mme Legris.

À ceux qui songent à rester généralistes faute d’inspiration, la conseillère d’orientation Isabelle Falardeau adresse une sérieuse mise en garde. «C’est une position embêtante, car il va bien falloir sauter le pas un jour ! s’exclame-t-elle. Mieux vaudrait donc choisir une spécialité dès le cégep, quitte à changer d’avis à l’université.» Mme Falardeau cite en exemple le cas de plusieurs étudiants au DEC en sciences naturelles qui ont finalement choisi d’aller en philosophie ou en arts.

Il ne faut donc pas avoir peur de se tromper, car tout est récupérable. «En réalité, on ne se trompe jamais vra­i­ment, puisqu’on peut toujours tirer une expérience de ses choix», conclut Amélie Gendron.

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