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Formation et emplois

Pour un système plus humain

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail. Portrait de Pierre Laurent, analyste principal à la Banque Nationale.

Son besoin de changement est né à l’école d’ingénieurs de Sceaux, où il était étudiant. «J’ai grandi en banlieue de Paris, dans un milieu vivant, bigarré. Alors, j’avais du mal avec ce nouvel environnement très bourgeois et uniforme.»

Venant de lui, ces paroles étonnent. Fils d’une mère médecin et d’un père banquier, Pierre Laurent n’a pourtant jamais eu le sentiment d’appartenir à une classe privilégiée. «Mes parents sont issus de milieux modestes et sont partis de rien. Toute notre vie, nous avons vécu dans la même petite maison.»

À ses yeux, l’un des dons les plus précieux de ses parents est la capacité de reconnaître et de saisir les occasions qui se présentent. C’est ainsi qu’il s’est intéressé au programme de double diplomation France-Québec, en partenariat avec Polytechnique. «Lorsque je suis arrivé à Montréal, j’ai tout de suite adoré. Et Polytechnique était tout simplement géniale. Là-bas, tout le monde est sur le même pied d’égalité. Les gens sont considérés pour ce qu’ils sont et non pour d’où ils viennent. J’y ai trouvé des milieux pédagogique et social extrêmement riches.»

Il y a également découvert son manque d’intérêt pour son domaine d’études, l’aéronautique. «Dans les écoles d’ingénieurs en France, l’approche est beaucoup plus théorique. Ici, c’est davantage axé sur la pratique. De sorte que j’ai rapidement compris n’avoir aucune aptitude pour la mécanique. Et je préférais de loin l’informatique.»

Après une session, Pierre abandonne l’aéronautique et le programme de double diplomation. Il s’inscrit en génie informatique et prend d’assaut la vie étudiante à Polytechnique. Des sessions allégées sont nécessaires pour lui permettre de remplir ses nombreux engagements dans le milieu associatif. Il devient d’ailleurs le premier étudiant étranger à présider l’association étudiante.
Comme toute bonne chose a une fin, il finit par obtenir son diplôme en 2007. La transition vers le marché du travail a mis un certain temps.  «À quelques jours de l’expiration de mon visa, après l’envoi de 95 CV, j’ai finalement trouvé un emploi à la Banque Nationale.»

À l’emploi de la banque depuis quatre ans, il est analyste principal et travaille à la gestion de projets informatiques. Un travail qu’il aime et qui lui offre des opportunités professionnelles. «Je travaille actuellement sur MAX, un des plus gros projets de transformation bancaire en Amérique du Nord. Un projet majeur, auquel collaborent près de 500 personnes de partout dans le monde. C’est très stimulant.»

Dix ans après le coup de foudre de l’arrivée, son amour pour le Québec ne s’est pas démenti. «J’aime beaucoup le côté volontaire, l’ouverture d’esprit et la joie de vivre des Québécois. Puis nous vivons ici dans un système plus humain, qui offre la chance à chacun de vivre décemment.»


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