lang="fr-FR" > La persévérance d'Ashraf Hallaba
Formation et emplois

La persévérance d’Ashraf Hallaba

Sous des airs réservés, Ashraf Hallaba cache une détermination à toute épreuve. Il lui en aura d’ailleurs fallu une bonne dose pour persévé­rer dans ce long processus d’im­migration qui lui a réservé plusieurs embûches. Aujourd’hui assistant comptable chez LRDG, l’Égyptien d’origine peut enfin goûter à la vie nouvelle dont il a longtemps rêvé.

Ashraf Hallaba a grandi à Alexandrie. Après son passage à l’école française, il complète des études universitaires en comptabilité. Malgré son attachement pour sa ville natale, il fait cap sur Le Caire pour entreprendre sa vie de professionnel. Son choix ne tardera à payer. Deux semaines à peine après son arrivée dans la capitale, Ashraf obtient un emploi de vérificateur auprès du géant mondial Pricewater­houseCoopers. Il y restera pen­dant 10 ans. «J’avais la chan­ce d’avoir un très bon emploi dans l’un des plus grands cabi­nets au monde. Alors, j’ai décidé d’y rester jusqu’à mon départ de l’Égypte.»

Ashraf rêvait depuis toujours de partir vivre à l’étranger. Un rêve auquel il a donné vie en 2004 en lançant le proces­sus d’immigration. «C’est ma sœur et son mari qui ont d’abord décidé d’immigrer au Canada, précise-t-il. Ils m’ont convaincu de tenter aussi ma chance.»

Ashraf mettra six ans avant de les rejoindre au Québec. Des changements procéduraux ont considérablement ralenti l’évolution de son dossier, mais pas suffisamment pour le faire reculer. En juin 2009, il arrive finalement à Montréal pour affronter un autre grand défi : l’intégration.

Son manque d’expérience canadienne et sa méconnaissance des normes de comptabilité du pays lui bloquent l’accès au bureau des employeurs. Ashraf garde espoir et joint le programme de formation de Novitek. «C’est une compagnie d’entraînement professionnel, explique-t-il. Ça m’a permis de connaître certains logiciels utilisés par les entreprises d’ici tout en poursuivant ma recherche d’emploi.»

Les affres de l’hiver québécois auront tôt fait de stopper les élans d’Ashraf, qui se fracture une jambe en tombant sur la glace. Il est contraint au repos complet pendant six semaines. «D’être seul et inactif pendant tout ce temps a été très difficile à vivre. Je pensais à mes économies qui diminuaient rapidement, et je me demandais comment j’allais faire pour survivre sans emploi. Je ne voulais pas rentrer au Caire. L’échec aurait été trop grand.»

La chance finira par lui sourire. Peu avant la fin de sa formation, sa future supérieure à LRDG débarque chez Novitek à la recherche d’un comptable. «Après toutes ces démarches, j’ai finalement eu ma première entrevue d’embauche. J’ai su, le dernier jour de ma formation, que j’avais l’emploi. Après 21 mois sans travailler, ça a changé ma vie!»

Ashraf œuvre maintenant à se construire une vie qui lui ressemble. Membre d’un club de tennis de table, il prend égale­ment des leçons d’oud, un instrument de musique oriental, dans ses temps libres. Parmi ses projets, il compte explorer le Québec et ses grands espaces. «Ce que je préfère ici, c’est la nature. Et la langue aussi. C’est pour ça que je suis venu au Québec», conclut-il.

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Mont­réal (CRÉ), des portraits inspirants de Montréalais issus de l’immigration qui témoignent de leurs parcours et de leurs succès.

L’émission de Radio-Canada International, Tam-Tam Canada, a produit une version radio de ce reportage, disponible sur le site www.rcinet.ca/francais.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version