Chercher du travail est une vaste entreprise. Hors de question de perdre du temps avec des employeurs peu sérieux, voire carrément malhonnêtes.
L’ABC de tout bon demandeur d’emploi doit comporter quelques trucs pour repérer les offres auxquelles il ne vaut même pas la peine de répondre. Pour savoir détecter un futur cauchemar professionnel dès la lecture de l’annonce, il suffit de suivre ces quelques conseils.
Gros bon sens
«Il faut d’abord faire appel à son gros bon sens, explique Martine Lemonde, consultante chez Brisson-Legris, un cabinet montréalais d’accompagnement en transition de carrière. Ça veut dire notamment qu’on doit se demander si ce n’est pas trop beau pour être vrai.»
Les recruteurs sérieux ne souhaitent surtout pas recevoir 500 CV de personnes qui ne correspondent pas au profil recherché. Ils se garderont donc de produire des offres mirobolantes en ce qui a trait au salaire ou aux responsabilités. Mais, surtout, ils doivent savoir ce qu’ils font, et cela doit transparaître dans l’offre qu’ils publient.
Rigueur et précision
«Au minimum, une offre d’emploi doit comporter un titre de fonction précis, continue Mme Lemonde. Et plus le poste offert est important, plus la description de tâches doit être étendue.» Pour des fonctions très simples et bien connues, on peut imaginer que l’annonceur fasse l’économie de certaines précisions. Mais dès que le poste est qualifié, l’absence d’une description de tâches doit être un signal d’alarme. Même chose si elle est bien là, mais qu’elle semble sans lien avec l’intitulé. «Si l’on recherche un directeur des opérations et qu’on lui demande de répondre au téléphone, c’est très louche», illustre Mme Lemonde.
Une annonce truffée de fautes d’orthographe n’est pas de très bon augure non plus. À la limite, il peut s’agir d’une traduction approximative d’une offre émise par une entité étrangère, explique Mme Lemonde, mais une entreprise sérieuse confiera la tâche de la représenter à des gens compétents.
Certains postes, comme représentant téléphonique ou agent à la clientèle, sont plus souvent associés à des entreprises d’extorsion de fonds ou de renseignements personnels, considère Mme Lemonde. Cela ne veut bien sûr pas dire que toutes les entreprises du secteur font de la fraude à la carte de crédit, mais mieux vaut être vigilant en demandant précisément ce qui est vendu, et depuis combien de temps.
À bonne entreprise, bon internet
Méfiance également si l’annonce demande d’envoyer sa candidature à une adresse de courriel personnelle. C’était encore envisageable il y a quelques années, mais les entreprises sérieuses qui n’ont pas d’adresse personnalisée par un nom de domaine web sont devenues très rares.
Si la société a un nom important comme Untel International, pas de site internet ou une faible visibilité sur la Toile, cela devrait également vous mettre la puce à l’oreille. À l’heure où tout passe par le réseau, un petit furetage numérique au sujet de l’employeur potentiel doit d’ailleurs devenir un automatisme chez tout chercheur d’emploi, rappelle Mme Lemonde.
En revanche, la rémunération est de moins en moins souvent indiquée dans les annonces. C’est la responsabilité du chercheur d’emploi de se préparer à l’entrevue en se renseignant sur les normes salariales du secteur et de la fonction visée, explique Mme Lemonde. Pour ce faire, le site Emploi-Avenir Québec offre toutes les statistiques nécessaires en plus d’une analyse complète du marché du travail pour chaque fonction. Les centres locaux d’emploi peuvent aussi être de bons relais d’information.
Et si vous découvrez cet article trop tard, il reste la Commission des normes du travail pour régler tout litige avec votre employeur peu scrupuleux.
Boîte à outils
- Emploi-Avenir Québec : www.servicecanada.gc.ca/fra/qc/emploi_avenir/statistiques/1121shtml
- Commission des normes du travail : www.cnt.gouv.qc.ca
