Anya Hindmarch a conçu son premier sac à main à l’âge de cinq ans. «J’avais l’habitude de les fabriquer en papier et de coller le tout avec du ruban adhésif» se souvient-elle. Aujourd’hui, elle est à la tête d’une marque d’accessoires qui porte son nom. Retour sur une initiative écolo qui a fait fureur.
En 2007, dans le but de conscientiser les gens sur l’impact négatif qu’ont les sacs de plastique sur l’environnement, Hindmarch s’est associée à la chaîne de supermarchés britanniques Sainsbury’s pour créer une édition limitée d’un fourre-tout en coton sur lequel était inscrit «I’m not as plastic bag» (Je ne suis pas un sac de plastique). En Grande-Bretagne, le jour du lancement, 80 000 personnes ont fait la queue devant les magasins pour mettre la main sur l’un de ses sacs.
«Je peux dire que j’ai eu comme un déclic, car le fait d’utiliser des sacs de plastique me chicotait depuis un certain temps. Alors quand l’organisation »We are What We Do » (Nous sommes ce que nous faisons), qui est derrière cette initiative, nous a approchés, il était tout simplement naturel d’accepter. Nous savions que, pour notre marque, ce serait risqué de travailler avec Sainsbury’s, mais la cause nous tenait beaucoup à cÅ“ur,» insiste Hindmarch.
Ce qui semblait risqué au début s’avéra être une campagne de sensibilisation environnemental des plus fructueuses. Il y a eu rupture de stock en quelques heures seulement. Les gens étaient tellement désespérés d’en obtenir un exemplaire que certains ont commencé à en vendre sur eBay pour un prix supérieur aux 5 livres originales (environ 8,65 $CAN). Et des copies du sac n’ont pas tardé à faire leur apparition.
Bien que le sac ait été très populaire, Hindmarch n’est pas prête à en créer un autre d’ici peu; il n’aurait jamais le même impact que le précédent. Si l’hystérie entourant le fourre-tout a été aussi importante, c’est que le produit était disponible en quantité limitée. C’est aussi pour cette raison que le message a été aussi fort. De plus, de nos jours, l’industrie de la mode se débat pour se sortir de la conjoncture économique qui n’avantage pas les projets qui ne sont pas rentables. Ceux-ci restent souvent au bas de la liste des priorités.
«Je ne suis pas parfaite, mais je fais de mon mieux. Une chose est certaine : je n’utilise pas de sacs de plastique. Comprenez-moi bien, c’est une super invention, mais au bout du compte, ça se retrouve au dépotoir. Si chacun modifiait sa trace environnementale de 5 %, on sentirait déjà une différence.»