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La mode dans l’écran

Depuis quelques saisons, il est possible de visionner les défilés de la Semaine mode Montréal, qui commence ce soir, en direct dans le confort de son foyer. Une innovation généralisée à toute l’industrie : les organisateurs ont en ce sens emboîté le pas aux grands créateurs internationaux.

Peu d’entre eux résistent encore à l’appel technologique. Les défilés de mode tels qu’on les connaît sont-ils en voie de disparition?

Si les avantages de la diffusion en ligne (en direct ou pas) sont évidents – par exemple, donner accès aux défilés à ceux qui ne peuvent pas se déplacer pour une raison ou pour une autre – reste que la technologie ne remplacera jamais l’expérience sur les lieux, croit la journaliste mode au magazine Elle Québec Martina Djogo.

«Sur place, on vit l’atmosphère, les réactions du public, les émotions, la scénographie, toutes des choses qu’on ne pourrait jamais vivre par vidéo interposée, explique-t-elle. Toutes ces choses permettent aux journalistes d’alimenter leur article. Sans oublier les rencontres qu’on fait sur place, la possibilité d’aller rencontrer le designer après le show, d’aller voir les vêtements, de les toucher… C’est irremplaçable!»

«Rien ne peut égaler l’expérience sur place», renchérit la jeune designer et femme d’affaires Tiffany Elton, qui vient de fermer sa boutique Quartier mode, sur le boulevard Saint-Laurent, pour se consacrer au commerce en ligne. «L’internet permet aussi aux designers de joindre une clientèle internationale», avance-t-elle.

Martina Djogo met cependant en garde contre certains écueils et dangers de cette intégration techno, en particulier en ce qui concerne la diffusion de défilés en direct. «Si tous les défilés sont disponibles en ligne, quelle importance que soient organisés des dizaines de défilés en un même endroit?, demande-t-elle. Ça remet même en question la notion des saisons alors que le public voit tout, tout de suite et peut commander ses coups de cœur sur-le-champ.» Une tactique marketing d’ailleurs utilisée par la chaîne anglaise Topshop ces dernières saisons.

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Dans un article publié l’hiver dernier dans le New York Times, la journaliste Suzy Menkes, qui a dû visionner plusieurs défilés de chez elle la saison dernière en raison de la tempête qui s’est abattue sur New York en même temps que la Fashion Week, rappelle aussi à quel point il est difficile d’étudier un vêtement par écran interposé. «J’ai eu de la difficulté à analyser les tissus et à reconnaître les vraies couleurs», écrit-elle.

Qui plus est, c’est au réalisateur que revient le choix des prises de vue. «Un bon réalisateur, voyant qu’il y a un problème avec une jupe mal coupée qui ne tombe pas bien, peut très bien décider de se concentrer sur le haut du corps», illustre Martina Djogo.

Il est donc peu probable que les défilés de mode à grand déploiement disparaissent à courte échéance. Cela dit, comme c’est déjà le cas dans le commerce de détail, l’industrie de la mode au grand complet n’a pas fini d’explorer les possibilités de la Toile.

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Nouvelle direction

Pour célébrer une 25e saison de défilés, la Semaine mode Montréal (SMM) s’est offert un conseil d’administration, dont les membres devraient être dévoilés prochainement. Métro s’est entretenu, plus tôt cet été, avec le président fraîchement nommé, Jean-Pierre Desrosiers, un comptable professionnel agréé associé du cabinet d’avocats Fasken Martineau.

Quelle est votre opinion sur la mode à Montréal?
Il faut d’abord comprendre que je ne suis pas issu de ce milieu. Ma spécialité, c’est la gouvernance, c’est de monter des équipes et de donner des conseils. Cela dit, je pense que la mode montréalaise est dynamique. On entend parler tous les jours de la créativité des jeunes designers. Maintenant, nous avons besoin de nous rassembler pour aller une étape plus loin parce qu’il s’agit d’un domaine important pour l’économie de Montréal et pour l’avenir de la ville.

Que devrait-on faire pour améliorer la visibilité des designers ici et ailleurs?
Nous en sommes encore au tout début du processus. Pour ce conseil d’administration, je veux aller chercher des gens qui contribueront au rayonnement international de la mode d’ici, des gens éclectiques de différents domaines et pas seulement des acteurs du secteur de la mode à Montréal.

Quelles sont vos priorités en prenant les rênes de la SMM?
Une fois que le conseil sera formé, nous allons travailler pour continuer de faire de ces deux événements [les présentations de septembre et de février] un élément fort pour Montréal tout en allant chercher un rayonnement international. La SMM est déjà intéressante, mais nous voulons en faire un événement incontournable avec un dynamisme nouveau.

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