Après 20 ans de travail, Louise Salvail brûle encore de passion pour ce qu’elle fait. C’est d’ailleurs cette grande ferveur qui l’a jadis poussée à s’aventurer dans le métier non traditionnel et plutôt rare de modiste de chapeaux.
Louise Salvail avait commencé sa carrière professionnelle comme secrétaire juridique. Sentant qu’il lui manquait quelque chose, elle décida de retourner sur les bancs d’école pour apprendre la couture au collège LaSalle. Mais ayant peu d’atomes crochus avec les machines à coudre, elle se dénicha un travail de vendeuse à la boutique Chapeau folie, sur la rue Saint-Denis, et s’y découvrit un nouvel intérêt.
Elle suivit un cours de confection de chapeaux au collège LaSalle, (ce cours n’existe plus aujourd’hui), et ce fut le coup de foudre. «J’aime le travail manuel et la création, raconte-t-elle. La confection de chapeaux me permet d’épanouir cette passion, ce que ne me permettait pas la couture.»
Faire sa place, petit à petit
Après avoir créé ses premières minicollections pour Chapeau folie, avoir roulé sa bosse pendant cinq ans avec sa propre boutique Melon Melon et avoir participé au Salon des métiers d’art 10 années consécutives, Mme Salvail est maintenant grossiste.
«Tu dois constamment t’adapter quand tu es travailleuse autonome, soutient-elle. Il faut avoir énormément de persévérance.»
Ses clients actuels sont le magasin Ogilvy, la boutique de designers québécois Revenge et Henry Henry, qui est, selon la modiste, la maison mère des chapeaux dans la métropole.
«Les boutiques achètent des chapeaux qui correspondent à leur style et à leur clientèle, explique la créatrice. Je dois adapter mes créations et livrer de la marchandise qui se vend.»
Au fil du temps, la marque de commerce de Mme Salvail est devenue le béret. «En création, il faut développer sa touche personnelle, souligne-t-elle. Je dois être capable de reconnaître mes chapeaux parmi les autres.»
De l’idée à la forme
Tous ses chapeaux sont confectionnés à la main. L’artiste ne compte pas les heures qu’il lui faut pour fabriquer un de ces joyaux. Pigeant dans les matériaux qu’elle achète surtout lors de ses voyages, elle suit son instinct pour créer des chapeaux prêts-à-porter qui plairont à «la dame de la rue».
À ce jour, Mme Salvail a confectionné plus de 5 000 chapeaux. «C’est du petit casque, ça!» rigole la modiste. Et elle ne songe pas à s’arrêter là. Peut-être enseignera-t-elle un jour, comme le fait présentement son amie modiste Lucie Grégoire.