À tout juste 23 ans, Catherine Holstein, diplômée de l’école de design Parsons, attire l’attention des plus grands magazines de mode comme des célébrités. À l’aube de la Semaine de mode de New York, elle ignore la pression.
Chaque saison, sans faillir, les médias désignent officieusement un petit groupe de designers comme étant «ceux qu’il faut surveiller». Une pratique semblable à ce qui se fait en musique, en cinéma, en art et dans tous les autres domaines de la culture populaire. Sauf que le monde de la mode est plus petit, ce qui signifie que les élus parmi les jeunes designers reçoivent de nombreux suffrages.
«On est simplement aussi bon que notre dernière collection», résume Catherine Holstein, qui fait désormais partie d’un club sélect des designers prometteurs grâce à sa ligne de prêt-à-porter féminin très cool dont le chic intello a plu
à des stars telles que Mary-Kate Olsen, Proenza Schouler et Mischa Barton. «Avec chaque collection, on veut être encore mieux reçu. Je pense que tout le monde, rendu là, ressent une certaine pression», ajoute-t-elle.
À quatre ans, elle peaufinait déjà son esthétique excentrique en portant les vêtements de ses trois frères. «J’étais très méticuleuse quand il était question de m’habiller, explique la Californienne. Et je me souviens avoir noté les filles que je trouvais bien habillées à la garderie.»
Sa grande sÅ“ur, qui a travaillé comme designer chez Yves Saint Laurent et Christian Dior, lui a ensuite montré un autre aspect de la mode : les affaires. Son enfance passée à Londres au milieu des galeries d’art (son père voulait exposer sa famille à davantage d’art et de culture) a suscité chez elle une véritable passion pour les couleurs, ce qu’elle dit être sa principale influence.
Tout en se préparant à présenter sa collection automne-hiver 2009 dans un climat économique plutôt sombre à la Semaine de mode de New York, Catherine Holstein propose une vision réaliste, mais enjouée. Elle-même ressent directement les effets de la récession, puisque l’un de ses commanditaires pour la Semaine de mode s’est récemment retiré à cause de coupures.
Considérations économiques mises de côté, sa collection automnale sera romantique à souhait avec des drapés dans des tons de violet et de beige. «Heureusement, je suis jeune, naïve et stupide, rigole-t-elle. Nous avons traversé des temps durs par le passé. J’espère que nous nous fatiguerons d’être aussi négatifs à propos de l’économie. La seule chose qui puisse aider, c’est de penser positif.»