Dans le métro ou sur la rue, certaines personnes sortent du lot avec leur style créatif qui ne dépend absolument pas des logos des designers. Métro poursuit sa série de portraits de filles ordinaires parmi les mieux habillées du monde.
Nicola Vassell personnifie de plusieurs manières la nouvelle manière de s’habiller à New York. La Grosse Pomme, où la crise du crédit a frappé de plein fouet, est devenue un endroit où les fashionistas se sentent coupables d’acheter un sac de designer voyant ou une pièce de prêt-à-porter dispendieuse. «Évidemment, j’ai dû devenir plus créative et chercher les bonnes affaires en raison de la récession, affirme-t-elle. Mais je le faisais déjà depuis le précédent ralentissement économique, donc on peut dire que j’avais une longueur d’avance.»
Nicola Vassell porte souvent des jupes et des robes ultraféminines, qu’elle agence avec des accessoires massifs pour obtenir une touche d’urbanité. Sa garde-robe mélange pièces abordables et plus chères. Ancienne mannequin, elle travaille aujourd’hui comme directrice dans une galerie d’art de Manhattan, Deitch Projects, qui a fait parler d’elle dans le monde de la mode pour avoir organisé, avec Louis Vuitton, une exposition rétrospective de l’Å“uvre du designer Stephen Sprouse.
Elle a une approche de collectionneuse pour garnir sa garde-robe et recherche des pièces uniques. Voici ce qui la motive dans ses choix.
1. La ville
«Manhattan est ma passion. J’aime toujours voir des choses nouvelles. Le style de New York est éclectique, de chic à brut, d’avant-gardiste à conventionnel. Ma manière de me vêtir a ce petit côté bipolaire qui caractérise New York. J’expérimente tout le temps.»
2. La polyvalence
Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas pour Nicola Vassell, qui n’a pas de journée de travail typique. Elle peut passer une journée à la galerie pour aider à installer une nouvelle exposition, une autre à son bureau pour coordonner les entrevues qu’accorderont les artistes qu’elle représente (notamment les peintres Kehinde Wiley et Tauba Auerbach) ou encore pour rencontrer des collectionneurs à l’occasion d’une foire artistique. «Avant de m’habiller, je pense à ce que je devrai faire durant la journée. Je retourne rarement à la maison me changer. Donc, ce que je porte doit être approprié, tant pour mes activités professionnelles que pour une fête en soirée.»
3. La touche personnelle
Ayant déjà été obsédée par les tendances, Nicola Vassell avoue ne pas avoir envie de retomber dans cette folie. «Je ris quand je revois ce que je portais à l’époque. Vous souvenez-vous des shorts de vélo néon? Ou des shorts en jeans aux bords roulés? J’étais une victime!» Aujourd’hui, elle sait ce qui lui va bien.
«Je pense que les femmes qui cherchent à avoir un style personnel devraient se tenir loin des tendances, à moins que celles-ci les mettent en valeur.»