Les nouvelles réjouissantes se succèdent chez Valérie Dumaine. Après avoir lancé son site d’achats en ligne l’année passée, voilà que la designer célèbre le cinquième anniversaire de sa griffe éponyme – sa toute première collection avait atterri sur les tablettes au printemps 2004 – avec une expansion aux États-Unis, où une quinzaine de boutiques proposent depuis mars ses fringues intemporelles d’inspiration un brin rétro.
Dans son nouvel atelier – elle s’installe à peine dans des locaux très lumineux situés rue de Gaspé, à la frontière des arrondissements du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont-Petite-Patrie -, c’est cependant à un avant-goût de la collection de l’automne-hiver que nous avons droit. Celle qui sera présentée jeudi dans le cadre du Festival mode et design.
Le noir, sa couleur fétiche, y est omniprésent, rehaussé de bleu et de vert. Une palette sombre et on ne peut plus sobre qui reflète bien ses inspirations du moment. «Je travaille toujours avec du foncé, même l’été, mais cet automne, c’est particulièrement dark, avoue-t-elle. C’est une collection assez angulaire et structurée, avec une touche très années 1980. J’aime mélanger les époques – j’adore aussi le look rétro des années 1960 – pour créer des vêtements intemporels, sobres et sans fla-fla. Du vrai prêt-à-porter!»
Résultat : une collection mariant vintage et modernité qui est accessible, dans tous les sens du terme, grâce à des coupes flatteuses, originales sans être excentriques, et à des prix raisonnables. On parle par exemple de robes et de pantalons à moins de 150 $ et de hauts à moins de 100 $. Et pas de «Made in China»!
Oui aux produits locaux
Si Valérie Dumaine a pris le parti de tout confectionner à Montréal, c’est pour des raisons pratiques d’abord et avant tout. «Pour une petite production, ce serait de toute façon trop compliqué à gérer, fait-elle valoir. Je n’avais pas envie d’envoyer mes corrections par fax. Je préfère le faire moi-même, essayer puis recommencer.»
Sans oublier les emplois créés localement. «Plusieurs compagnies ferment, rappelle la designer. Si on peut produire ici, on garde nos contracteurs aussi. Et les consommateurs ont de plus en plus envie d’acheter local.»
Bio en bref…
En 6e année, Valérie Dumaine dessinait déjà des vêtements, «avec les boucles d’oreilles et les chaussures assorties, se rappelle-t-elle. Je n’ai jamais hésité quand est venu le temps de choisir une profession.»
Diplômée du Collège LaSalle en 1997 et globe-trotter, elle se rend en Angleterre en 1998 pour un stage avec Gaile McConaghie avant de rentrer au pays pour travailler dans diverses entreprises du milieu. C’est cependant un séjour à Berlin, qu’elle qualifie de «révélateur et d’influent» sur son site web, qui inspirera sa griffe éponyme.