«Je fais quoi pour l’aider?» Voilà souvent la première question que se posent les proches d’une personne touchée par le cancer.
«Soyez juste présents», répond Gilles Blanchet, qui est déjà passé par là. Lui a su surmonter la peur, la colère et la culpabilité pour y gagner un nouveau sens des priorités, plus d’empathie pour ceux qui souffrent et un amour fortifié pour Michèle.
Juin 2004. Gilles Blanchet est dans l’autobus de campagne de Gilles Duceppe. Son métier? Sous-officier responsable des V.I.P. à la Gendarmerie royale du Canada. Le cellulaire sonne. C’est Michèle, sa conjointe depuis huit ans, qui l’appelle en pleurs.
La petite boule détectée quelques mois plus tôt, ce n’est pas un kyste. Cancer du sein. «Un coup de masse dans le front m’aurait fait moins mal», se rappelle encore avec émotion l’homme de 54 ans. Il se souvient très bien de ce qu’il a répondu alors à sa conjointe : «Je ne sais pas quoi te dire.»
On s’aimait déjà tant
Ensuite est venue la peur. «Inconsciemment, on commence à se faire à l’idée que la mort peut arriver, puis la colère s’installe mais après quelque temps, on se ressaisit», précise-t-il. Contrairement à bien des couples qui se séparent pendant cette épreuve, celui de Michèle et Gilles s’est fortifié. «On s’aimait déjà tellement avant que tout ça arrive!» dit-il.
Grâce à un employeur et à des patrons compréhensifs, Gilles Blanchet prend congé pour accompagner sa conjointe lors des séances de chimio d’abord et de radiothérapie ensuite. «Elle a perdu ses cheveux, maigri, est devenue verte, ça n’était plus la même personne.»
Comme bien des hommes, Gilles Blanchet a alors fait le fort et caché ses émotions au risque d’imploser. «À un moment, elle m’a dit : « C’est correct que tu pleures et que tu me dises comment tu te sens. » Et là, je me suis effondré en larmes, ça m’a libéré.»
Quatre ans plus tard, si le cancer semble être chose du passé, la vie en été chamboulée. Oubliée, la maison qu’ils comptaient acheter à Bromont. Désormais, les projets se font à court terme. Après l’Espagne, ce sera l’Autriche à vélo et probablement la Floride cet hiver. «J’ai revu mes priorités. Avant, le travail passait souvent en premier. Maintenant, c’est Michèle.»