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Le cancer du sein: Une cause rose et sexy

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Pendant le mois d’octobre, qui est dédié à la cause du cancer du sein, les marches et les activités de financement et de sensibilisation sont nombreuses. Et c’est sans parler des nombreux produits roses qui sont sur le marché et des revues féminines qui consacrent leur couverture d’octobre à la maladie. Comment expliquer que cette cause soit si «populaire»?

En 2007, pas moins de 54 628 606 $ ont été investis dans la recherche sur le cancer du sein, selon le dernier rapport annuel de l’Alliance canadienne pour la recherche sur le cancer. La recherche sur le cancer du sein a ainsi reçu le quart des sous affectés à la recherche sur un type précis de cancer. La lutte contre le cancer du sein est également une cause qui jouit d’une grande visibilité médiatique.

Comment expliquer que cette cause soit si «populaire»? «On a tous quelqu’un dans notre entourage qui a été touché par le cancer du sein», souligne Anne-Sophie Hamel Longtin, conseillère aux communications à la Fondation du cancer du sein du Québec. La maladie est en effet le type de cancer qui atteint le plus de femmes au Canada : 23 200 recevront un diagnostic en 2010.

«Aujourd’hui, le taux de survie des femmes atteintes du cancer du sein atteint 87 % après cinq ans, relève André Beaulieu, porte-parole et conseiller principal en relations publiques pour la Société canadienne du cancer, division du Québec. Ces femmes qui ont survécu à la maladie vont dans les médias, revendiquent, vont chercher des fonds. Et comme l’argent investi dans la recherche du cancer du sein donne des résultats, les investissements sont renouvelés.»

La cause du cancer du sein en est également une qui est reconnue pour être plus «sexy» que d’autres. «Aujourd’hui, il ne faut pas se cacher qu’il y a une mise en marché du cancer du sein, explique André Beaulieu. C’est un cancer qui est plus vendeur que d’autres. Il y a un tabou quand il est question de cancer colorectal ou de la prostate. On ne veut pas en parler. Tandis qu’autour du sein, il y a toute l’image de la féminité, de la maternité, de la jeunesse.»

«Dans les médias, on véhicule l’idée que ce cancer touche beaucoup les jeunes femmes, mais ce n’est pas tout à fait juste, poursuit M. Beaulieu. Il y a 20 % des cas qui concernent des femmes de moins de 50 ans. Quand on voit dans les médias des jeunes femmes qui sont touchées par la maladie, surtout quand elles sont connues, ça frappe l’imagination.» D’autres cancers, plus meurtriers, reçoivent ainsi moins de financement. Si le cancer du sein est le cancer dont les femmes sont le plus atteintes au Canada, c’est du cancer du poumon qu’elles meurent le plus. Pourtant, le cancer du poumon ne bénéficie pas des mêmes investissements pour la recherche, ne jouit pas de la même visibilité. Pourquoi? Parce que ce type de cancer est souvent associé au tabagisme.

«Pourtant, près de 15 % des gens atteints du cancer du poumon n’ont jamais fumé et 30 % ont arrêté, indique Dominique Massie, présidente générale de l’Association pulmonaire du Québec. Il ne faut pas arrêter les efforts qui sont consacrés à la lutte contre cancer du sein, mais ça prendrait des numéros spéciaux du Clin d’Å“il, par exemple sur le cancer du pou-mon, et des compagnies qui proposent des produits dont une partie des profits irait à notre cause.»

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