L’incidence du cancer du sein n’a cessé de croître au court des 25 dernières années. Alors que moins d’un tiers des cas peuvent être expliqués par des facteurs de risque connus, les chercheurs tentent de comprendre dans quelle mesure l’environnement pourrait être blâmé pour ce fléau. La tâche est toutefois très ardue.
«Nous savons que certains facteurs augmentent les risques de développer un cancer du sein, a indiqué le Dr Mark Goldberg, professeur au département de médecine de l’Université McGill, dans un échange de courriel avec Métro. Mais ces facteurs n’expliquent que 30 % des cas. Et même si certaines études nous indiquent que d’autres éléments peuvent augmenter les risques, elles ne sont pas suffisantes pour confirmer ces observations.»
Le Dr Goldberg, tout comme certains de ses collègues, dont la Dre France Labrèche, de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail, et Jack Siemiatycki, titulaire de la Chaire de recherche Environnement-Cancer Guzzo de l’Université de Montréal, s’activent depuis quelques années à trouver le chaînon manquant. «Nous n’en savons pas beaucoup sur les causes environnementales du cancer du sein, a expliqué Jack Siemiatycki. Le réel problème, c’est que la recherche portant sur le lien entre l’environnement et les maladies, incluant le cancer, est négligeable au Canada.»
À défaut de preuves concrètes, quelques hypothèses ont été émises. Les substances radioactives et les xéno-Å“strogènes, des produits chimiques qui imitent l’action de l’Å“strogène et qui se retrouvent dans des pesticides, des insecticides, des détergents, des solvants à peinture et des plastiques, font partie des substances les plus souvent montrées du doigt. D’autres substances to-xiques, par exemple des BPC et des dioxines, qui sont des polluants organiques persistants dans l’environnement, sont soupçonnées d’être liées au cancer, mais aucune étude n’est parvenue à le prouver.
«Malheureusement, pour chaque source d’exposition à des agents potentiellement cancérigènes, nous posons les mêmes questions et obtenons généralement les mêmes conclusions, s’est désolé le Dr Mark Goldberg. La tragédie avec ce type de processus, c’est que nous ne considérons jamais toutes les sources d’exposition ensemble. Pourtant, il est très probable que des expositions à de multiples substances puissent mener à une interaction susceptible d’avoir des effets plus graves que la simple exposition à une substance unique.»
En attendant des re-cherches plus poussées, la règle d’or demeure la prévention. La Fondation canadienne du cancer du sein recommande à cet effet d’éviter la cigarette, de conserver un poids santé, de limiter à un verre par jour sa consommation d’alcool et d’éviter les aliments à haute teneur en gras et en sucre.
Étude attendue
Le Dr Mark Goldberg et ses collègues publieront, mercredi, une nouvelle étude sur l’impact de certaines substances sur la santé des Montréalaises. Les chercheurs auraient découvert des effets très néfastes pour certaines expositions.