Le 21 décembre, les grands d’Eurêka se sont présentés à l’école des petits pour leur remettre les jouets et les contes qu’ils avaient créés. Cette production artistique a été réalisée cet automne lors des cours de mathématique et de français du programme d’alternance travail-études de l’école Eurêka.
La beauté du projet est que les enfants du primaire ont pu rencontrer deux mois avant la distribution des cadeaux leur ami jumelé pour choisir le jouet à concevoir. Ils avaient un choix de cinq créations: avion, train, théâtre de marionnettes, lit ou poussette. Les plus populaires ont été les trains et les avions, même pour les filles.
«Je suis très content de mon avion, a lancé Francis, âgé de 5 ans. J’en voulais un. Il est bleu. C’est ma couleur préférée. Je vais jouer avec ma sœur», a-t-il ajouté pendant que ses amis s’amusaient à ses côtés.
Lors de la rencontre préalable, les petits devaient aussi répondre à quelques questions sur leurs intérêts dans le but de les intégrer dans la création écrite. Dans l’histoire, l’enfant est le héros et le jouet est doté de pouvoirs magiques.
Kwani Allison-Pierre, âgé de 16 ans, était jumelé à Roni et Nour, de l’école Gilles Vigneault. Il a intitulé son conte «Roni et Nour, les héros du village des lutins».
«Je crois bien qu’ils ont aimé ça. Ils ont beaucoup ri. C’est une histoire avec beaucoup d’action. Des fois, je les chatouillais. Ma façon de raconter le conte les a fait rire.»
«Les enfants qui ont écouté les contes dans lesquels ils se retrouvent comme héros ont vécu un grand moment, souligne Pascale Boudry, responsable-enseignante à l’école Eurêka. Par ricochet, ce sentiment suscité par nos élèves est valorisant et touchant pour des jeunes qui ont vécu des parcours scolaires particulièrement négatifs.»
Eurêka compte 46 élèves. Elle est parmi les plus petites écoles de la Commission scolaire de Montréal. Elle dessert une clientèle d’élèves âgés de 15 à 17 ans, de 2e et 3e secondaire.
«Ces élèves ayant accumulé un retard causé par diverses réalités ont été référés par les écoles régulières, afin que nous prenions la relève dans le but de les aider à persévérer dans la voie scolaire, mais sous une autre forme», explique Mme Boudry.
Les élèves suivent un programme d’alternance travail-études menant à l’exercice d’un métier semi-spécialisé. Ils suivent trois jours par semaine les cours académiques de base. Les deux autres jours, ils sont dans un milieu de travail.