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Les mèmes à l’ère du coronavirus

Depuis le début de la pandémie, le coronavirus monopolise l’actualité et les mèmes sur internet vont dans le même sens.

Les mèmes que l’on retrouve un peu partout sur les réseaux sociaux déclinent l’actualité, qui aborde surtout le coronavirus présentement, de façon humoristique. Ils relèvent des paradoxes et dédramatisent la situation actuelle. Couteau à double tranchant, ils peuvent amener les gens à s’informer, mais ils sont aussi des vecteurs de désinformation.

Les réseaux sociaux sont envahis d’images et de vidéos reliés à la crise du coronavirus. Les mèmes ont toujours un côté sarcastique ou ironique en lien avec une situation, explique Mireille Lalancette, professeure au département de communication et politique à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Ils servent à rire et à dénoncer.  «Sur les pages, on ne voit pas de mèmes qui dérogent du sujet. Si un mème parle d’autre chose, ça va apparaître comme impertinent, vu la situation», témoigne Jérémy Hervieux, le gestionnaire de la page Manon Grenier Memes.

Si une personne ne comprend pas la blague d’une publication, peut-être qu’elle ira se renseigner en allant lire des articles sur le sujet, explique la professeure.

«C’est tellement gros et exceptionnel ce qu’on vit, j’ai l’impression que les mèmes s’imposent naturellement à nous. Ils nous sont quasiment servis sur un plateau d’argent par cette situation.» — Gestionnaire de la page Manon Grenier Memes.

Désinformation

D’un autre côté, les mèmes ne reprennent qu’une partie de l’information et transforment en un contenu qui sera largement partagé. «C’est sûr qu’il peut y avoir un potentiel de désinformation parce qu’on n’a pas tout le portrait, mais je ne pense pas que ce soit l’objectif des [créateurs]», explique Mme Lalancette.

En ce moment, les mèmes désamorcent la crise. «Vous remarquerez que [le premier ministre François Legault] essaie de faire de l’humour aussi dans les conférences de presse», souligne-t-elle, en donnant l’exemple de la fée des dents considérée comme un service essentiel.

«Ce qui est intéressant en ce moment, c’est que la plupart des pages de mèmes sont du côté de la santé publique», constate le gestionnaire de Manon Grenier Memes. La plupart des mèmes créés par les pages populaires québécoises encouragent le respect des règles et vont dans le même sens que le gouvernement».

Par exemple, il remarque que beaucoup de pages dénoncent les gens qui sortent encore dehors. «Donc à leur façon, les mèmes font presque de la prévention, ils encouragent les bonnes règles à suivre», dit-il.

Horacio Arruda

Sur les réseaux sociaux, on a vu naître depuis le début de la crise plusieurs pages à l’honneur du directeur national de la santé publique, Horacio Arruda. Un phénomène qui semble être propre au Québec. «Je regarde aussi ce qui se passe dans les autres provinces du Canada et on voit que les gens sont beaucoup moins caricaturés», indique Mme Lalancette.

Le Dr Arruda a un grand potentiel mimétique. «Il a ce petit côté spectaculaire, qui fonctionne bien avec les médias et je crois qu’il s’en est rendu compte et qu’il s’en sert pour faire passer les messages», souligne l’experte.

Le gestionnaire de Manon Grenier Memes constate la même chose. «On dirait qu’il est conscient des codes inclusifs à internet et parfois dans certains gestes il semble agir en conséquence. Il a tout le sérieux que la situation demande, mais il parsème un peu d’humour dans ses propos», estime-t-il.

Son geste de taper sur la courbe est d’ailleurs devenu viral sur le web. «Quand Horacio fait un geste qui est repris en mèmes, par exemple taper sur la courbe, ça transmet le message avec humour et c’est peut-être la meilleure façon de rejoindre les gens pour qu’ils comprennent les directives.»

Les mèmes d’Horacio Arruda comme les autres contenus reliés à la crise sont une façon de dédramatiser la situation.

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