Monsieur Benskin, le 2 mai 2011, je vous ai appelé afin de vous féliciter pour votre élection à titre de député de Jeanne-Le Ber. Je profite de ma première intervention publique depuis votre victoire pour renouveler mes félicitations.
Par contre, je m’attriste de voir le NPD renier si rapidement ses engagements. Par exemple : avant les élections, le NPD avait promis aux Québécois de défendre la loi 101 à l’intérieur de la juridiction fédérale. Après les élections? Demi-tour. Le NPD a appuyé en comité la nomination d’un juge unilingue anglais à la Cour suprême. Quant à la nomination d’un vérificateur général unilingue anglais, le NPD a tout fait pour éviter de faire des vagues, au lieu de monter au combat.
Votre bilan personnel est tout aussi décevant. Plutôt que de donner l’exemple en respectant l’esprit de la loi 101 dans vos communications officielles, vous avez préféré marginaliser le français. Il aurait pourtant été si simple d’envoyer, comme je le faisais, vos communications officielles en français, tout en envoyant une copie anglaise à ceux qui le réclament. En cinq ans, j’avais constitué une liste d’une centaine de personnes souhaitant recevoir une version anglaise (sur 100 000). Cela constitue donc en plus une importante économie d’argent et de papier.
Vous aviez de plus promis en campagne électorale d’apprendre le français. En effet, il est inacceptable qu’un citoyen de la circonscription doive passer à l’anglais pour avoir une conversation décente avec son député. Autre promesse brisée. À la Chambre des communes, vous vous êtes exprimé 91% du temps en anglais, alors que les anglophones ne représentent que 18% de la population de la circonscription.
Le message que vous livrez aux nouveaux arrivants est dévastateur! «À quoi bon parler le français puisque même mon député n’en fait pas l’effort?», se disent-ils. «Pourquoi choisir le français alors que les communications officielles me sont offertes en anglais sans même que je le demande?», concluront-t-ils.
Même avec une majorité de députés en provenance du Québec, le NPD est incapable de défendre le français et l’identité québécoise. Ce n’est pas parce que le NPD est «méchant» ou mal intentionné. C’est simplement l’illustration de l’impossibilité pour un parti fédéraliste de répondre aux aspirations des Québécois.
Si le NPD a dû tourner le dos si rapidement à ses promesses envers les Québécois, c’est parce que les valeurs et les intérêts des Québécois sont irréconciliables avec ceux des Canadiens.
Il vaudrait mieux pour tout le monde que nous soyons deux pays souverains.