Même si certaines personnes estiment que les journaux locaux sont d’une importance secondaire, on oublie cependant que les événements régionaux ont un impact plus direct sur nos vies. Les affaires municipales peuvent parfois sembler ennuyeuses, voire pas très «sexy», mais elles représentent souvent les fondements même de notre communauté.
C’est la raison pour laquelle les lettres à l’éditeur les plus passionnées, les plus verbeuses, les plus indignées et les plus controversées sont celles qui abordent les questions municipales. Quand une affaire se passe dans la cour des gens, elle devient LEUR affaire. L’objectivité prend alors le bord de la fenêtre et l’on nous accuse parfois de ne pas couvrir tel ou tel sujet suffisamment bien ou correctement. Il y aura toujours des critiques nous remettant en question. Et les critiques proviennent et des résidents et des administrations locales.
Malgré cela, les hebdos continuent d’être des sources indispensables d’informations crédibles et accessibles. Alors que les grands journaux à travers le monde accusent des baisses de lectorat, ce qui étonne les gens qui ne sont pas issus de ce milieu est que la presse hebdomadaire, elle, a accru son auditoire.
Selon un récent sondage Léger Marketing, 80% des Québécois croient que la presse locale joue un rôle essentiel dans la vie démocratique de notre société et près de 80% d’entre eux estiment que sa disparition aurait un impact négatif sur toute la communauté. Chaque semaine, près de 64% des Québécois lisent leur journal local. Ce sont là des statistiques très révélatrices.
Les journaux locaux sont encore les premiers médias que les gens consultent pour en apprendre davantage sur les événements communautaires, les impôts fonciers, les affaires municipales, les arts et la culture, les services sociaux, le zonage et le développement. Pendant que les grands médias focalisent sur les grands enjeux, les médias communautaires se questionnent plutôt sur les particularités locales de ces enjeux et leur impact sur le terrain. Les journaux de quartier agissent aussi à titre de porte-voix pour les lecteurs, en publiant notamment leurs lettres et en analysant aussi leurs préoccupations.
Publier les communiqués de presse gouvernementaux, tels quels, ne suffit pas, même si cela arrive parfois, dois-je le reconnaître avec dédain, à cause du manque de temps. C’est notre responsabilité d’offrir aux gens une tribune pour débattre différents sujets. C’est la raison pour laquelle une page d’opinion est disponible dans chacun de nos journaux. Et les lettres que nous ne pouvons pas diffuser, faute d’espace, seront acheminées vers notre site web. Ainsi, sans les hebdos locaux, la version officielle des choses serait la seule débattue.
Dans un monde qui déborde de sources d’information – le web, la télé, les blogues, les quotidiens nationaux imprimés, Twitter, etc. – nous oublions trop souvent que TOUTES les informations sont d’abord locales avant qu’elles ne deviennent nationales ou internationales. Mais tout commence toujours dans notre cour…
L’avenir des médias imprimés au Québec
Le mercredi 26 octobre, Serge Lemieux, vice-président de la division Québec et Ontario de Médias Transcontinental, prononcera une conférence sur l’avenir des journaux chez nous. Vous connaissez déjà mon opinion là-dessus. L’allocution se déroulera à l’hôtel Espresso, au centre-ville, sur la rue Guy, à midi trente. Si vous êtes intéressé, communiquez avec le 514 365-0487 ou le info@ccisom.ca.