Détentrice d’un doctorat en sciences de l’éducation, cette spécialiste des transitions de vie, de la retraite et du vieillissement nous a notamment donné les livres Une retraite heureuse? Ça dépend de vous! et Cap sur la retraite. La résidente de l’Île-des-Sœurs, qui anime depuis plus d’une quinzaine d’années des stages de préparation à la retraite, envisageait comme nouveau projet d’écriture un livre traitant de la «crise du milieu de vie».
«J’ai réalisé, explique-t-elle en introduction, que c’est à partir du début de la quarantaine que la majorité des gens sont confrontés à davantage de remises en question, de turbulences et de crises dans tous les secteurs de leur vie: travail, couple, famille, santé, spiritualité.»
Mme Dessaint a aussi constaté que «c’est dès la quarantaine que se construit le bien-être physique, affectif et psychologique de toutes les années qui suivront».
Selon ses observations, «si la délicate transition qui s’amorce à cet âge est escamotée ou occultée, les difficultés non résolues et les remises en question non abouties se répercuteront sur la retraite, puis sur la suite et la fin de la vie».
Ses conférences l’on amenée à rencontrer bien des gens «qui n’ont pas réussi à rééquilibrer leur vie à la retraite». La moitié des gens qui arrivent à la retraite sont vulnérables, souligne-t-elle. Séparation, maladie, dépression les guettent. «On devrait préparer les gens à la retraite dans la quarantaine», estime Marie-Paule Dessaint.
Relire sa vie
La relecture de vie aide à cette transition, explique l’auteure.
Dans le livre, 21 personnes ayant entre 39 et 82 ans ont accepté de se livrer, de relire leur vie; des résidents du Québec, dont cinq de L’Île-des-Sœurs, de la France et de la Belgique.
Le lecteur risque de trouver des similitudes entre son histoire et ces récits. Pour Mme Dessaint, même si nous sommes tous différents, nous avons bien des points en commun.
La relecture, pourquoi? «Pour tenter de mieux analyser un moment particulier de crise ou de turbulence, pour réaliser un bilan afin de trouver le sens de ce que l’on a fait et vécu, et pour mieux se connaître», indique l’auteure. «Grâce à la relecture de vie, des gens ont changé», dit-elle. Dans son livre, Marie-Paule Dessaint propose des conseils pour réaliser cet exercice.
«C’est étonnant, mais cette relecture de vie m’apporte déjà une vision élargie de mon vécu actuel, confie dans son récit Alice, 62 ans. Je n’avais jamais pensé relier ma soixantaine au mitan de la vie. Mais quand je repense à mes 40 ans, où là, en effet, tout a commencé à être sérieusement chamboulé dans ma vie […]».
«Si j’ai envie d’écrire, relate pour sa part Charles, 82 ans, c’est pour enseigner aux ophtalmologistes, aux orthoptistes et aux professionnels de la santé, ce que j’ai appris de mon expérience d’ophtalmologiste et de thérapeute sur les troubles psychologiques secondaires au strabisme.»
«Le bouleversement de la quarantaine, il faut le vivre, accepter de le vivre à fond pour bien vivre par la suite», estime Marie-Paule Dessaint. «C’est un gros travail à faire. Quand il ne se fait pas, ça nous arrive en pleine face à la retraite.»
Plus de renseignements au www.marie-paule-dessaint.com
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