Pris entre le Pont Champlain et l’autoroute Bonaventure, souvent congestionnés aux heures de pointe, plusieurs résidents se plaignent des longues files et du temps précieux perdu quotidiennement pour entrer et sortir de L’Île.
Bien que le retour à la maison soit de plus en plus infernal pour les insulaires, la STM, Urgences-Santé et le Service de sécurité incendie de Montréal se veulent rassurants: pour l’instant, tout est sous contrôle.
La STM assure qu’elle ne décèle pas de retards des lignes d’autobus qui desservent L’Île-des-Sœurs. «Non seulement nous n’avons aucun problème de retard, à L’Île, le taux de ponctualité est plus élevé qu’ailleurs», a expliqué Isabelle Tremblay, porte-parole pour la société. Ce taux frôlerait les 95%, alors qu’ailleurs à Montréal, la moyenne se situe à près de 82%.
N’ayant aucune voie réservée pour les autobus de L’Île-des-Sœurs, avec deux voies de chaque sens, Mme Tremblay admet qu’il n’y a pas une grande marge de manœuvre pour les conducteurs lorsque la circulation est pénible. «Les bus ne volent pas au-dessus des automobiles», plaisante la porte-parole.
Par contre, la STM demeure en contact constant avec tous les intervenants lors de travaux – les villes, les arrondissements, les entrepreneurs et le Ministère du Transport du Québec, le cas échéant. Un usager de la STM qui attendait l’autobus 12 ne semblait pas être en accord avec les statistiques de la société. L’homme désirant conserver l’anonymat a argué que le transport en commun se faisait de plus en plus difficilement.
Services d’urgence appropriés
Du côté d’Urgences-Santé, le discours se veut aussi apaisant. «Nous n’avons pas trop de problèmes présentement», a souligné Benoit Galarneau, porte-parole de l’organisme. Il confie qu’avec la sirène et les gyrophares, les ambulances n’ont pas de difficulté à se faufiler.
Lors d’accidents plus dramatiques, les ambulanciers travaillent de concert avec plusieurs entités – la Sécurité civile et la Sûreté du Québec par exemple. De plus, des mesures d’urgence sont en place et des transports nautiques d’urgence sont prévus dans le pire des cas.
Ce n’est pas que les résidents qui rongent leurs freins. Pour certains commerçants, le trafic rime avec perte d’argent.
«Il y a des jours où j’ai eu près de 80% d’annulations en après-midi», Yves Ledentu, propriétaire du Centre de Massodermie de Montréal. Certains de ses clients téléphonent alors qu’ils sont pris dans le traffic, se plaignant d’avoir perdu parfois plus d’une heure dans les files.
Thérèse Landry, propriétaire des Ongles de L’Île, affirme également que sa clientèle de l’extérieur trouve pénible le trajet du centre-ville à L’île-des-Sœurs. Dans le pire des scénarios, ses clients dénichent un nouveau salon, à proximité de leur lieu de travail, par exemple.