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Le Plateau-Mont-Royal

Une vie chamboulée

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Métro, boulot, dodo. Martine Deblois peine à passer au travers de ses journées. Tous les soirs, elle rentre à la maison fatiguée, épuisée, exténuée. Elle sent bien que quelque chose ne va pas. Est-elle malade? Une mononucléose, peut-être. Après une série de tests, le diagnostic tombe: cancer du sein. Elle n’avait alors que 35 ans.

Près de six ans plus tard, la résidente du Plateau-Mont-Royal semble avoir vaincu le crabe. Même si elle est en rémission et que le cancer a pratiquement disparu (elle attend ses derniers tests avant de dire qu’elle est officiellement guérie), la peur de la maladie, elle, est toujours présente, telle une épée de Damoclès qui pend au-dessus de sa tête.

« J’étais très fatiguée. Je me rappelle même avoir dit à mon copain de l’époque que j’avais l’impression d’être en train de mourir. C’est vraiment le feeling que j’avais. J’ai passé des tests qui se sont tous avérés négatifs. Puis, j’ai remarqué que j’avais une bosse au sein. Les médecins ont découvert qu’il s’agissait d’une tumeur », explique-t-elle.

En raison de sa grosseur, les spécialistes ont évalué que la masse se développait depuis environ sept ans. Heureusement, la maladie ne s’était pas propagée dans le reste de son corps. Cette nouvelle a eu l’effet une tonne d’une bombe; à cet âge, on ne pense jamais être atteinte du cancer.

« Étrangement, quand j’ai finalement eu un diagnostic, j’ai été soulagée. On pouvait maintenant agir. En même temps, j’étais atterrée, car ça mettait tous mes projets sur pause. »

En effet, Mme Deblois souhaitait fonder une famille et avoir plusieurs (six!) enfants. Les traitements étant incompatibles avec une grossesse, tous ses rêves tombaient soudainement à l’eau.

«Ç’a été très dur pour moi. Je voulais me tourner vers l’adoption, mais mon conjoint de l’époque n’était pas très ouvert à ça. Ç’a m’a blessée. Le cancer a vraiment eu un impact sur ma vie, car ça chamboulait ce que je pouvais, ou non, faire», explique-t-elle.

Traitement

Après une longue attente pour passer au travers du système de santé québécois, Mme Deblois s’est fait retirer sa tumeur, puis a complété un traitement de cinq semaines de radiothérapie avant d’en débuter un d’hormonothérapie, d’une durée de cinq ans.

Parce qu’elle était encore jeune et souhaitait un jour avoir des enfants, la chimiothérapie – qui peut parfois causer de l’infertilité – n’était pas envisageable.

Le plus difficile, selon elle, était l’incertitude. Personne ne pouvait lui garantir que ces traitements allaient la guérir une fois pour toutes.

« C’est toujours des questions de probabilités. On te dit que tel traitement augmente tes chances de survie à X pourcentage. Au début, c’est choquant, car ce ne sont que des statistiques et tu te dis que tu n’es pas un chiffre. Mais c’est comme ça », indique-t-elle, sereine.

Pour lire la suite de l’histoire de Martine Deblois: Quand l’espoir renaît

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