Nic Payne, Option nationale
Au-delà même de la pénurie récurrente de logements sociaux, l’habitation au sens plus large est au cœur des enjeux, sinon l’enjeu le plus important dans Mercier. De fait, le problème de la spéculation immobilière contribue, en amont, à sortir les gens de chez eux et à aggraver le problème du logement, en plus de menacer la mixité sociale et l’identité même du quartier.
Deux dispositions du programme d’Option nationale touchent à cette question et à celle du logement social, et il va de soi que l’indépendance du Québec nous aiderait à mettre en place ces mesures avec plus de latitude et de célérité. D’abord, la création de la Banque du Québec, organisme parapluie d’investissement qui considérerait au même titre les économies sociale et traditionnelle. Également, ON propose une commission nationale de la démocratie participative, qui viserait à encourager les initiatives et les mécanismes citoyens dans les domaines économique et politique.
Julie Boncompain. Coalition avenir Québec
La responsabilité partagée du logement social se retrouve entre les mains de trois paliers gouvernementaux. Cependant, les gouvernements fédéral et provincial sont surtout des partenaires financiers. « Le but avoué est de procéder à une réelle décentralisation. Un gouvernement de la Coalition entend ainsi présenter un projet de Charte des municipalités définissant un tout nouveau rapport entre le gouvernement et le monde municipal », déclare Julie Boncompain, candidate de la Coalition avenir Québec dans Mercier.
C’est dans le cadre d’un transfert des responsabilités et des ressources vers les municipalités que la Coalition veut négocier un nouveau pacte fiscal avec la Ville de Montréal et participer au financement du logement social. De plus, un gouvernement de la Coalition avenir Québec ouvrira des discussions avec Ottawa afin de s’assurer que la SCHL ne se désiste pas de ses responsabilités.
Jean Poirier, Parti québécois
Les problèmes de logements sont criants dans le quartier. Les prix ayant explosé, près de 40 % de la population consacre plus de 30 % de ses revenus à se loger. Pire, des failles dans le moratoire sur la conversion en condos sont utilisées à grande échelle. Or, le secteur n’est pas priorisé pour les subventions, à cause des personnes à revenu élevé. Comme si le fait d’avoir un voisin riche nous rendait moins pauvres!
Au Parti québécois, on propose un minimum de 3000 nouveaux logements sociaux par année. En plus, les promoteurs devront, peu importe la taille du projet, contribuer à un fonds pour le logement social.
Pour ma part, j’entends talonner les ministres pour qu’ils corrigent trois problèmes qui pénalisent le Plateau: les conversions en condos déguisées, les critères des subventions qui font que l’embourgeoisement pénalise les plus pauvres et le fait que les promoteurs n’incluent pas les logements-ateliers pour artistes.
Amir Khadir, Québec solidaire
Le Plateau est victime de sa réputation: il y fait bon vivre et le prix des loyers s’envole. Résultat: 17 300 locataires consacrent plus du tiers, parfois même la moitié de leurs revenus au loyer.
Depuis quatre ans, Amir Khadir a fait sienne la campagne 1000 logements du Comité logement du Plateau-Mont-Royal. Le logement social n’y représente que 10,8 % des logements locatifs. La solution passe notamment par l’acquisition de certains terrains publics, afin d’y ériger des logements sociaux, une mission à laquelle s’est attelé M. Khadir.
S’il est élu, Québec solidaire s’engage à ériger 50 000 logements sociaux, un besoin criant au Québec. En 2011, seuls 10 logements locatifs ont été mis en chantier sur l’ensemble du territoire de Rosemont – La Petite-Patrie, Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension et le Plateau-Mont-Royal. Pendant ce temps, 1308 unités de condominium y voyaient le jour, soit 131 fois plus !