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Le Plateau-Mont-Royal

La piscine Schubert fermera ses portes

L’arrondissement du Plateau Mont-Royal, qui peine à boucler son budget, fermera vraisemblablement les portes de la piscine Schubert, entre le 1er janvier 2012 et le 1er janvier 2013, histoire d’épargner 286 000 $. Une coupure de services qui suscite des protestations de la part des citoyens.

Des centaines de résidents du quartier – enfants comme adultes – fréquentent hebdomadairement la piscine Schubert, située au coin de la rue Bagg et du boulevard Saint-Laurent. La piscine est la seule dans le district Jeanne-Mance. Bains libres, cours de natation, water-polo et nage synchronisée sont autant d’activités offertes au public.

Michelle Vachon habite sur Marie-Anne au coin de Saint-Urbain. Ses deux enfants fréquentent la piscine Schubert. Son fils de 14 ans fait partie de l’équipe de water polo, tandis que sa fille de 10 ans performe dans le club de nage synchronisée.

« Mes enfants ne feront plus d’exercices, s’inquiète Mme Vachon. Quand un enfant de 13-14 ans décide de sortir de la maison et de quitter l’ordinateur pour faire une activité qu’il aime, les parents font tout ce qu’ils peuvent pour que l’activité se poursuive ».

Une pétition a commencé à circuler la semaine dernière. « Cette fermeture aura un impact négatif sur la vie sociale, la santé et la condition physique de milliers de résidents du Plateau », peut-on lire sur le document.

Michelle Vachon n’a pas hésité à signer la pétition: « Il faut que l’arrondissement trouve des façons de garder la piscine ouverte. Ça serait épouvantable pour le quartier. Qu’il ouvre la piscine le matin! Je suis prête à payer pour aller nager », avance-t-elle

« C’est incroyable, nous avons plus de 300 enfants inscrits pour les cours de natation et plus de 1000 adultes qui fréquentent la piscine pour le bain libre », s’indigne Terrence Regan, directeur général de l’association récréative Milton-Park, qui gère les activités de la piscine Schubert.

« Ce qui est frustrant, c’est que l’arrondissement a choisi de garder ouverts la piscine Lévesque, les arénas Saint-Louis et Mont-Royal et de donner l’argent aux piscines extérieures. Ici, nous n’avons qu’une seule piscine. La santé de nos enfants devrait être la chose la plus importante pour nous comme société », continue M. Regan, qui était présent lors de la manifestation spontanée qui s’est tenue samedi devant le bain Schubert. « Plus de 100 personnes étaient rassemblées, dont des enfants. Les élus du Plateau ont expliqué leur point de vue. L’arrondissement a essayé de blâmer la Ville-centre, mais c’est lui qui a fait ce choix ».

Réplique du maire

Le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, soutient pour sa part qu’il ne prend pas cette décision de gaieté de coeur. « Ça me crève le cœur, en plus, c’est dans [le district] Jeanne-Mance et on n’a pas beaucoup d’équipement là-bas, lance-t-il. Mais on n’a pas d’argent. On a gratté tous les tiroirs. La dotation de la Ville-centre a diminué, alors que nos charges fixes ont encore augmenté. En trois ans, il y a eu 7,8 M $ d’augmentation de frais incompressibles ».

Une pétition intitulée « Sauvons le Bain Schubert », initiée par la conseillère Piper Huggins – et signée par quelques élus de l’arrondissement – a d’ailleurs vu le jour. On peut y lire différents énoncés blâmant la Ville-centre, tels que « les contribuables du Plateau-Mont-Royal ont envoyé 30 millions $ en taxes foncières de plus en 2011 à la Ville centre sans recevoir en revanche un seul sou de plus pour financer les services locaux ». Selon les rédacteurs de la pétition, un retour d’aussi peu que 1 % de ce montant-là de la Ville centre à l’arrondissement couvrirait les frais liés au maintien des activités du Bain Schubert.

« On a coupé dans tout ce qu’on pouvait avant de toucher aux services à la population. Et ça n’arrivait pas. Il fallait fermer une installation. On a fait un choix », dit Luc Ferrandez.

Si le couperet est tombé sur le bain Schubert, c’est que, selon le maire, la piscine est facile à fermer et à rouvrir en 2013 sans trop délier les cordons de la bourse. « On avait pensé à fermer un aréna, mais ça coûte cher à maintenir en vie (même fermé) et ça coûte cher de la rouvrir, car il faut réalimenter les systèmes de gaz, de réfrigération, etc. », conclut le maire Ferrandez.

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