« Je tenais vraiment à rétablir les faits, car j’ai vraiment tout fait pour qu’Ubisoft reste sur le Plateau. J’ai travaillé d’arrache-pied avec les propriétaires pour les garder ici. Je reconnais l’impact énorme d’Ubisoft sur le boulevard Saint-Laurent et la rue Saint-Viateur Est. Ç’a aurait été une catastrophe qu’il parte. Il faut distinguer ce dossier-là de celui du stationnement. On peut revoir les détails d’implantation, mais on est ferme sur l’objectif final », indique-t-il d’entrée de jeu en entrevue téléphonique au journal Le Plateau.
Il entend cependant maintenir sa décision de tarifer les espaces de stationnement sur rue aux abords des locaux de l’entreprise. Il concède que cette mesure aura un impact sur les employés d’Ubisoft, toutefois, il soutient qu’elle ne touchera qu’une faible proportion d’entre eux, rappelant que près de 70 % du personnel utilise déjà les transports collectifs.
« Il n’y a que 30 % des employés qui viennent en voiture et au moins la moitié ont accès à des stationnements privés, que ce soit dans le sous-sol de l’édifice ou dans des stationnements voisins. Ça ne va toucher que 200 personnes environ et on pense que ça va engendrer des changements de comportement de leur part (covoiturage, etc.) », estime-t-il.
Selon lui, les gens doivent cesser d’envisager le changement à court terme. Il croit qu’il faut plutôt adopter une vision à moyen, voire à long terme pour vaincre les problèmes de stationnement et de circulation, mais également environnementaux.
« Le critère qui engendre le plus de changements sur les comportements, c’est le coût du stationnement. C’est plus important que la congestion ainsi que la promotion du transport en commun et du covoiturage.
« Il ne faut pas se dire: « C’est quoi la solution que t’as pour moi ? » La prémisse de base, c’est que les gens se disent qu’ils vont continuer d’habiter à Sorel et venir travailler à Montréal. C’est antiécologique et il faut que quelqu’un le signale! Ces gens-là n’ont jamais réalisé qu’ils polluaient et réchauffaient la planète? Il faut que ça fasse mal dans le portefeuille pour que les gens changent », indique-t-il, affirmant que la désuétude du système de transport collectif n’était pas un argument valable, à ses yeux, pour repousser le changement de comportement et de mentalité.
M. Ferrandez considère, au contraire, que cette grogne de la population envers ce système inadéquat de transport poussera éventuellement les acteurs des villes, mais aussi des banlieues, à réclamer d’une seule voix l’amélioration de l’offre de services.
Une rencontre entre les représentants de la compagnie Ubisoft et le maire du Plateau-Mont-Royal a eu lieu le 24 septembre. Selon le maire Ferrandez, les échanges ont été « cordiaux ».
« On a cherché des solutions de part et d’autre. Quand on a fait le tour de la question, ils ont réalisé que tout le monde est mis à contribution. On a parlé de scénarios d’adaptation progressive pour l’implantation des parcojours. C’est loin d’être sûr, mais on va quand même les analyser », a-t-il conclu.
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